<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164</id><updated>2011-08-01T15:55:15.671-07:00</updated><title type='text'>Emoi des mots</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>37</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-7215896204589301680</id><published>2010-09-13T11:49:00.000-07:00</published><updated>2010-09-14T23:09:31.326-07:00</updated><title type='text'>(s') instruire aujourd'hui</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_t-Z76yqND14/TI51UVTOjJI/AAAAAAAAADY/RVRg4P0UBqE/s1600/grandville_conjugaison_1829+(Large).jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 367px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_t-Z76yqND14/TI51UVTOjJI/AAAAAAAAADY/RVRg4P0UBqE/s400/grandville_conjugaison_1829+(Large).jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5516475585751059602" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(s')instruire aujourd'hui&lt;br /&gt;lundi 13 septembre 2010&lt;br /&gt;En ces temps où tout le monde, tous âges et catégories sociales confondus, parents et élèves, se mêle de parler d'éducation, j'ai préféré jusqu'à présent rester silencieux devant ce qui est le plus souvent, polémique stérile. &lt;br /&gt;Mais le système qui se détériore à grande vitesse, mon devoir de réserve qui a disparu depuis une douzaine de jours, la publication ces dernières semaines de nouveaux livres et de nouveaux articles qui peuvent difficilement laisser indifférent, trop d'éléments plaident pour que je glisse, ne serait-ce qu'un avis personnel qui m'évitera d'entendre quand il sera trop tard, un reproche du type "et tu ne disais rien ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1/ Incarner une institution ou animer une émission de télé ?&lt;br /&gt;Il faut commencer par le début : Homère, Hésiode, Solon, Platon. Autrement dit, l'instruction fonde un pays démocratique, sa culture, l'identité de chacun. Je pourrais donner de nombreux exemples qui prouvent que depuis une vingtaine d'années, l'école publique, en France, n'est plus une institution, ni même un service public. Elle est, pour certains parents, de plus en plus nombreux, un guichet, une caisse où l'on demande des comptes. Pour eux, les professeurs font partie du petit personnel au même titre que le jardinier ou la femme de ménage. Vous croyez que j'exagère ? Pour la dernière année de ma carrière, en novembre 2009, en réunion parents/professeurs, la maman d'une élève de 1ère m'a reproché d'avoir puni un élève de la classe de sa fille ! Certes, l'élève puni n'a pas davantage travaillé ensuite, mais du moins il a cessé de gêner la classe. Comment expliquer qu'un parent s'autorise aujourd'hui à juger la pratique de classe des professeurs de ses enfants ? Il n'y a pas 36 explications : au plus haut niveau, ceux qui transmettent les connaissances apparaissent comme inutiles et même gênants. Il faut les discréditer. Les petites phrases qui stigmatisent le métier d'enseignant depuis l'arrivée de Claude Allègre (1997), bien connu pour ses insultes envers les professeurs, n'ont cessé de produire leurs effets. Pourquoi ? Je me demande si la République a besoin aujourd'hui de citoyens instruits, tolérants, cultivés, sachant exercer leur esprit critique. Sans doute, les rouages économiques mondiaux qui commencent à se mettre en place n'ont-ils besoin que de simples exécutants. &lt;br /&gt;J'ai commencé à une époque où les profs étaient respectés et considérés. Je pars au moment où ils sont perçus comme des privilégiés et des parasites. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2/ Les élèves ne sont pas dupes&lt;br /&gt;Il ne faut pas faire ou dire à la place des élèves. C'est en faisant soi-même qu'on apprend. &lt;br /&gt;a/ le pédagogisme supprime ce qu'il considère comme trop difficile pour les élèves : erreur. J'ai retrouvé mes cahiers de CM2, il n'y avait de difficulté pour personne en 1960 devant ces problèmes, questions et dictée, qu'on vînt d'une famille "aisée" ou "défavorisée". &lt;br /&gt;b/ la pédagogie de l'imitation, les pédagogies directives veulent le primat du maître-modèle et une seule voie pour s'approprier ce qui est nouveau : erreur aussi. Car la mémoire ne fait pas tout. Pour faire entrer du nouveau, il faut réaménager tout. Personne n'en est au même point. Chacun doit être associé, doit rester actif, être écouté, pris au sérieux au stade où il en est si on veut que se construise du solide. Et ça n'a rien à voir avec le constructivisme. &lt;br /&gt;A partir de là, découle ce que j'ai vérifié toute ma carrière : un élève sent très vite si son prof est en mesure de l'aider, est compétent pour cela, produit tout le travail pédagogique préalable sans faire à sa place, est prêt à l'attendre. Que les élèves sachent faire la différence tout seuls (du primaire à la terminale) entre un prof à la hauteur et quelqu'un qui n'est pas à sa place, n'empêche pas la mauvaise volonté collective, j'en reparlerai plus loin. Mais que la curiosité d'apprendre rencontre celle de faire partager aux autres ce qu'on a déjà compris soi-même, c'est l'essence même de la relation prof-élève. Sans le plaisir partagé de cette rencontre, aurais-je pu tenir 43 ans ? Depuis 1967, je me suis heurté parfois à des adultes : parents, chefs d'établissement, inspecteurs, collègues. Mais les élèves, eux, ne m'ont jamais trahi. &lt;br /&gt;Pour ma dernière année dans l'Education Nationale, me sont échues trois classes faibles. Uniquement des élèves n'ayant jamais été mis au travail (merci les collègues!). C'était inédit pour moi. La classe de seconde était sympathique mais incapable de faire jamais le travail demandé à la maison. Et en était désolée. Cahin-caha, les élèves ont découvert tout de même pas mal de choses au fil de l'année grâce à du concret : atelier photo, lecture de Balzac, Ajar, Flaubert, Molière, rencontre avec un écrivain, travail individualisé. La classe de STG a retroussé ses manches au retour des vacances de janvier : prise de conscience qui honore ces élèves persuadés d'être méprisés et qui ont finalement tous gagné des points au bac de français. En 1ES, une classe habituée à tricher, pas de miracle. Avec l'approche du bac, chacun s'y est mis quand même un peu (en essayant de ne pas le montrer aux autres) : oraux blancs, devoirs. A la mi-juin, il restait un réfractaire. De toute l'année : ni participation, ni matériel, ni devoir. Mais la veille du dernier jour d'oral du bac de français (30 juin 2010), j'ai reçu un mail "monsieur, aidez-moi, je n'ai pas de corrigé pour Jacques le fataliste". J'ai envoyé le document manquant. Je n'y croyais plus. C'était le dernier jour de cours de ma carrière. L'inertie, la mauvaise volonté sont feintes. Les élèves ont besoin qu'on leur fasse confiance. Parce qu'ils sentent que l'école est pour eux la seule solution pour s'émanciper, pour devenir indépendant, libre, responsable, en donnant un sens au monde sans dépendre d'autrui, de s'arracher à l'amour étouffant des parents. Mais parfois, c'est vrai, il faut attendre des mois. Peut-être devrais-je ajouter que de janvier à juin, j'ai maigri de 10 kgs, je n'ai absolument rien fait d'autre que travailler pour tirer les élèves vers le haut. Rien d'autre ne comptait plus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3/ L'insupportable offre qui ne rapporte rien&lt;br /&gt;J'ai eu la chance de faire une carrière complète et gratifiante. Pour ceux qui ont, comme moi, fait leur carrière entre 1970 et 2010, le fait de s'investir et d'aimer la matière enseignée a été une garantie presque suffisante pour pouvoir se dire "mission accomplie" à l'arrivée. Il n'en va plus de même aujourd'hui. Beaucoup de difficultés se sont accumulées ces dernières années pour ceux qui veulent se lancer dans le métier et les profs de mon âge en sont inquiets (ou devraient l'être). &lt;br /&gt;Il y a un paradoxe qui devrait laisser chacun stupéfait ou perplexe : jamais aucune époque n'a chanté avec autant de ferveur les vertus de la formation, des diplomes, des études longues et de la recherche. Comment se fait-il dès lors, que les suppressions de postes se multiplient de façon massive depuis plusieurs années ? que le nombre de postes aux concours ne cesse de baisser ? que le nombre d'élèves par classe ne cesse de s'élever ? Au point qu'en 2010, l'inspection générale elle-même, le principal syndicat des inspecteurs et le principal syndicat des chefs d'établissement ont tiré la sonnette d'alarme (sans résultat). &lt;br /&gt;"Les élèves ont trop d'heures de cours" me dit-on. Certains sans doute. Mais pourquoi retirer autant d'heures à tous, même à ceux qui les voulaient ? Qu'est-ce qui empêche de rendre facultatifs le grec ou l'histoire en TS ? qu'est-ce qui oblige à les supprimer pour tous ? Aucune réponse ne viendra jamais et pour cause : le niveau des élèves n'entre pas en ligne de compte dans les calculs des gestionnaires du ministère. Jean-Pierre Vernant n'est pas parvenu à convaincre C Allegre de ne pas faire disparaître le latin et le grec. Jacqueline de Romilly n'a rien obtenu non plus. L'ensemble des membres du jury de capes externe Lettres Classiques viennent de démissionner. Curieusement, les décisions les plus lourdes de conséquences (volumes horaires, programmes, exigences aux examens, nature des épreuves des concours, formation des profs) ne sont prises que par des personnels qui n'ont jamais eu d'élèves ou n'en ont plus : chefs d'établissement, inspecteurs d'académie, IPR, IG, recteurs, experts auto-proclamés, chargés de mission, conseillers du ministre. Les épreuves mêmes des concours sont toujours plus dénaturées dans le même sens : toujours moins de connaissances disciplinaires, toujours plus de gages de servilité et d'usage du jargon pédagogiste. Condorcet et Alain, où êtes-vous ? Ceux qui comme moi n'ont jamais "bénéficié" de la moindre décharge de service de toute leur carrière n'ont jamais eu leur mot à dire (la consultation de 1995 a fini dans un tiroir). &lt;br /&gt;Dès qu'il s'agit de choisir entre l'exigence, l'effort et les travaux demandés par les professeurs d'une part, l'animation culturelle propre à flatter l'ego de Monchéri et à calmer les parents prompts à se plaindre d'autre part, l'administration hésite de moins en moins : les missions de l'école publique sont de plus en plus perdues de vue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4/ La mauvaise volonté &lt;br /&gt;Plus aucun ministre, plus aucun homme politique d'envergure, depuis bien longtemps, ne met plus ses enfants dans le public. L'incertitude qui pèse sur le remplacement des professeurs malades, la forte augmentation du pourcentage de profs non formés, les sureffectifs, la démission de certaines équipes de direction les dissuadent. Les facilités accordées au privé depuis le passage de X Darcos au ministère aident à interpréter ce qui se passe : avec des établissements payants, les choses iraient mieux. C'est absurde. Les officines privées, cours de rattrapage et sites internet d'aide aux devoirs payants, en prolifèrant (défiscalisation!), font ressortir l'échec de l'école publique : apprendre n'implique pas concurrence, utilitarisme et soumission aux intérêts particuliers, apprendre implique respect du droit du citoyen, de la volonté générale. Seule l'école de la république peut garantir cet horizon universel : l'instruction pour tous. &lt;br /&gt;J'ai dit que je parlerai de la mauvaise volonté, j'y arrive. Entre 1967 et 2010, j'ai vu arriver et disparaître des modes dont les effets néfastes se font encore sentir. Celle qui me laisse le goût le plus amer, c'est celle des discours graves et démagogiques de Philippe Meirieu. La doxa pédagogiste n'a cessé, dans les années 80 et 90, avec l'appui du ministère, d'IPR zélés, des IUFM et du SGEN, de présenter ce professeur en sciences de l'éducation comme un penseur grâce à qui tout irait bientôt beaucoup mieux. J'ai eu beau le lire (et dieu sait s'il a écrit), je n'ai jamais rien appris. Ca fait beaucoup de temps de perdu. Certes j'ai fait l'école normale d'instituteurs, le centre PEGC, une licence de psycho, le CPR ; Fernand Oury, Decroly, Maria Montessori, Célestin Freinet je connais un peu et mes CM-FE en 1968-69 utilisaient une imprimerie. Mais pourquoi avoir présenté son travail comme la panacée et avoir affirmé qu'il avait enseigné longtemps le français alors qu'il n'a enseigné que quelques trimestres en secondaire ? Aucune réponse. En fait, il s'agissait de dire aux profs : vous n'avez jamais su enseigner, ce que vous faites est nul. Surtout, pourquoi être resté directeur de cabinet de Claude Allegre pendant plus de deux ans ? &lt;br /&gt;Conséquence de cette remise en cause de la liberté pédagogique : la centralité de Monchéri reste un dogme. Il est toujours interdit actuellement en France d'empêcher l'introduction de téléphones portables en classe. Les vies scolaires, harcelées par les coups de téléphones de parents, ne savent plus démêler le faux du vrai lorsque Monchéri se présente comme persécuté par son professeur (s'il n'a pas fait son travail, le pauvre, c'est seulement parce qu'il n'a pas eu le temps, et il est encore si jeune). Les projets d'établissement, les conseils pédagogiques, les services surchargés, les services sur plusieurs établissements, autant de modalités qui pulvérisent et émiettent le travail, gênent les concertations entre profs d'une même classe. Mais ce qui pour moi devient de plus en plus redoutable, c'est la pression des médias. Les journalistes ont appris à faire de l'audience avec l'école grâce aux show-télévisés, à internet, aux campagnes de communication du personnel politique. Bien sûr ne jamais donner la parole à des profs en exercice, privilégier la violence à l'école et c'est parti pour que l'opinion publique et les citoyens lambdas s'arrogent le droit de parler de ce qu'ils ne connaissent pas. Un seul exemple me suffira. Il y a 4 jours, Le Monde publie l'article d'une collègue, Muriel Ballesteros, qui s'interroge sur la fureur de tout quantifier aujourd'hui à l'école, en particulier avec des grilles, alors même qu'évaluer le travail d'un prof ou d'un élève est simplement impossible (ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas essayer de le faire, mais qu'il ne s'agira jamais que de photos ponctuelles sans signification hors de leur contexte, sans valeur absolue). Je copie-colle le premier commentaire posté car il est typique, c'est par centaines d'exemplaires qu'on retrouve ce propos avec des variantes dès qu'un prof s'exprime de façon limpide et intelligente sur son métier :&lt;br /&gt;"L'exception française dans l'enseignement c'est cette haute opinion que les enseignants ont d'eux-mêmes et qui transpire dans cet article. Les entreprises privées de formation l'ont compris depuis des années avec succès. Et marre, 10 fois marre de ces intégristes de l'enseignement." Rien à voir avec l'article, mais l'essentiel pour l'auteur du commentaire, c'est dénigrer l'enseignant (en aucun cas l'auteur ne voudrait faire ce métier), donner le privé en référence et étaler son obscurantisme, sa peur devant les connaissances et ceux qui les maîtrisent et qui sont prêts à les faire partager. Dialogue de sourds. &lt;br /&gt;Avec une image aussi discréditée du métier de prof, des métadiscours aussi prégnants, des apparences et des représentations qui surpassent à ce point tout ce que le réel peut donner à voir et à entendre dans l'enceinte scolaire chaque jour, comment peut-on croire que Monchéri va seul se rappeler qu'il travaille pour lui, pour son avenir ? Il va au contraire vérifier si c'est vrai qu'il est au centre du système, s'il n'y a vraiment plus un seul adulte pour croire à ses bobards. Il y a de moins en moins d'adultes assez courageux pour lui dire la vérité, l'aimant assez pour le détromper à propos de tant de promesses démagogiques. A la réunion parents / profs de seconde, il y a un an, une maman m'a dit d'un air catastrophé : "oh oh si vous saviez, il n'a vraiment pas eu de chance, il a toujours eu des mauvais professeurs, toujours". A côté, son fils, un sourire jusqu'aux oreilles. J'ai répondu qu'il était quand même en seconde et qu'hormis le travail à la maison jamais fait, je n'avais pas remarqué de retard particulier. Si j'avais eu plus d'à propos, j'aurais dit : "alors, il faut qu'il mette les bouchées doubles pour rattraper autant de retard !".&lt;br /&gt;Il faudrait ajouter les bouquins catastrophistes sur l'école, ils sont pléthore. Le dernier en date : "On achève bien nos écoliers" de Peter Gumbel. L'école est une machine à broyer les élèves. Avec ça, on est bien avancés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5/ L'empire du présent et la fin de l'histoire&lt;br /&gt;Tout est fait aujourd'hui pour que Lenfan vive dans l'immédiateté, le zapping permanent, un éternel présent. C'est une forme de mépris des adultes pour les jeunes. Ils ont au contraire besoin de faire l'expérience du temps qui passe, celui de la journée, celui de l'année, celui des générations, celui qui fait vieillir chacun à chaque instant, celui qui viendra pour consoler peu à peu d'un deuil, celui qui passe par-dessus les générations et, qui, reconstruit, s'appelle : l'histoire des hommes.&lt;br /&gt;Au lieu de cela : play-station, zapping télé, pub, clips, vitesse, le passé remplacé par d'innombrables commémorations et du compassionnel, l'idée stupide que les hommes de notre époque seraient meilleurs que leurs aînés. Comment aider des collégiens et des lycéens à penser quand on leur a fait croire qu'ils savent tout et qu'ils sont éternels, quand on les a privés d'occasions de mettre en perspective ce qu'ils vivent, de se sentir légataires d'une culture, des passeurs. Les historiens nous aident à prendre des distances par rapport aux préjugés et aux certitudes du temps présent. Pourquoi priver les TS de leurs travaux ? C'est quelque chose d'affreux qui est réservé aux lycéens d'aujourd'hui : leur cacher que la vie est courte, que l'homme est inscrit dans le temps, que le monde est en perpétuel changement et que demain peut être ce qu'ils en feront. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'en reste là pour ce soir (article commencé ce matin). Il faudra, un jour, que je parle de trois autres choses qui ont travaillé ma vie entière : la langue comme chance de parler, la littérature et le métissage. Patience !&lt;br /&gt;Je ne me fais pas d'illusion. Ces quelques lignes me vaudront des remarques désagréables. Comme mes collègues, j'ai eu le droit d'entendre "sale prof" sur mon passage. Doit-on s'étonner de lire dans le journal d'aujourd'hui : "Le métier d'enseignant semble moins attractif" ? Chute de 25 à 50 % des inscriptions aux concours selon les académies (chiffres ministériels). Démission vendredi dernier de deux directeurs d'IUFM (Lorraine et Auvergne) pour protester contre la nouvelle "formation" des enseignants.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-7215896204589301680?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/7215896204589301680/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=7215896204589301680' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/7215896204589301680'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/7215896204589301680'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2010/09/s-instruire-aujourdhui.html' title='(s&apos;) instruire aujourd&apos;hui'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_t-Z76yqND14/TI51UVTOjJI/AAAAAAAAADY/RVRg4P0UBqE/s72-c/grandville_conjugaison_1829+(Large).jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-5726797748580883953</id><published>2009-11-28T20:15:00.000-08:00</published><updated>2009-11-28T20:19:59.863-08:00</updated><title type='text'>phillipe 1958-2009</title><content type='html'>Phil est-ce qu'on a perdu le fil? ce dont je suis chaque jour un peu plus sûr c'est que tu savais qu'on se quittait pour de bon il y a un mois à Gillot. Je ne voulais pas que l'espace entre l'enregistrement et l'embarquement s'éternise je voulais te cacher ton mal et pourtant ton sourire nous disait "n'ayez pas peur"&lt;br /&gt;tu savais la lenteur des trekkings dans tant de pays celle des tortues rayonnées que tu aimais tant et tu savais approcher une piste d'atterrissage à 250 km\h aux commandes d'un piper pa 28&lt;br /&gt;retour vers pierrefonds&lt;br /&gt;sur le côté gauche de la piste, le papi est allumé : 4 lumières blanches, t'es trop haut ; 4 lumières rouges, t'es trop bas&lt;br /&gt;il en faut 2 blanches à gauche, 2 rouges à droite, et sans être trop court ni trop long&lt;br /&gt;on met 800 tours/mn, on plane et on applaudit&lt;br /&gt;J'irai te voir à Sarcelles dans un mois je mettrai devant ton urne de l'huile essentielle d'Ylang Ylang de Diego Suarez celle que tu voulais aller chercher en octobre dernier&lt;br /&gt;Phil tes élèves te pleurent ils t'ont écrit des cartes par dizaines depuis mardi&lt;br /&gt;tu aimais tes élèves tu aimais ton métier&lt;br /&gt;grâce à toi ils liront julien Gracq un jour&lt;br /&gt;nos élèves ont réussi leur mise en voix des Chansons madécasses hier&lt;br /&gt;Vendredi 11 décembre on continue ce travail qui te tenait à coeur&lt;br /&gt;Philippe le fil de nos jours le fil de nos lettres n'est pas rompu&lt;br /&gt;La Parque ne coupe qu'un fil&lt;br /&gt;nous continuerons à démêler les écheveaux de la mémoire&lt;br /&gt;je retournerai au jardin de pamplemousse au musée de Mahé-Bourg au marché de Port Louis&lt;br /&gt;tu seras un fil d'ariane&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-5726797748580883953?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/5726797748580883953/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=5726797748580883953' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/5726797748580883953'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/5726797748580883953'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2009/11/phillipe-1958-2009.html' title='phillipe 1958-2009'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-8880335779854093220</id><published>2009-07-17T12:07:00.000-07:00</published><updated>2009-07-19T07:53:03.723-07:00</updated><title type='text'>yvette 13 octobre 1925 - 1 juillet 2009</title><content type='html'>A 12 ans ½, tu obtiens le certificat d'études. La maîtresse voudrait que tu continues l'école, mais c'est impossible. Qui  s'occuperait de ton petit frère qui vient de naître ? La guerre arrive, ton père est déporté à Buchenwald.&lt;br /&gt;Tu n'avais que 24 ans quand tu m'as mis au monde.&lt;br /&gt;Et tu es encore ravagée par le décès de Christine, ton 2è bébé de 2 mois et demi. &lt;br /&gt;Tu es née dans la misère, tu ne te plains jamais, tu te sacrifies à ton mari et à tes 5 enfants. &lt;br /&gt;Tu fais des lessives à la main, même par – 10°&lt;br /&gt;Tu nous fais gratter les peaux d'orange pour parfumer tes gâteaux. &lt;br /&gt;Tu couds, recouds, reprises et ravaudes avec ta Singer et tes doigts de fée. &lt;br /&gt;Ne cherche pas. C'est toi qui as fait de moi un littéraire. C'est dans ton livre de grammaire de 1932 que tu m'as appris les conjugaisons du conditionnel et du subjonctif. Tu aimais lire tous les jours, et tu as lu jusqu'aux derniers jours alors que tu ne pouvais plus marcher. L'an dernier, tu as lu Le Père Goriot. Tu étais une littéraire. Tu aimais les musées, les châteaux chargés d'histoire, les expositions, la peinture. Tu as toujours aimé les fleurs, les oiseaux, le ciel, la mer, la montagne, les forêts et la Loire. Tu as caressé et nourri des centaines d'animaux. &lt;br /&gt;Tu as poussé très loin l'art de l'abnégation, de l'altruisme, du désintéressement et du sacrifice de soi.&lt;br /&gt;Tu t'es mise toute ta vie au service des autres.&lt;br /&gt;Tu t'es battue jusqu'au bout.&lt;br /&gt;A présent, tu laisses tes 5 enfants orphelins et une bonne vingtaine de petits-enfants et d'arrière-petits-enfants sans mamie. Mais on est là à continuer de te dire merci, et pour longtemps. &lt;br /&gt;Sache-le, maman, nous tes enfants, nous sommes fiers de toi. On a admiré ta générosité, ta simplicité, ton courage, ta dignité, ton amour de la vie.&lt;br /&gt;A présent, maman, rejoins Jean, qui t'attend depuis 4 ans. Comme lui, tu as choisi l'été pour nous quitter. Vous étiez solaires. Ça fait 67 ans que vous ne vous êtes pas quittés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Claude&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-8880335779854093220?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/8880335779854093220/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=8880335779854093220' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/8880335779854093220'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/8880335779854093220'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2009/07/1er-juillet-2009.html' title='yvette 13 octobre 1925 - 1 juillet 2009'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-114631881365477133</id><published>2006-04-29T06:53:00.000-07:00</published><updated>2006-05-13T02:36:30.543-07:00</updated><title type='text'>ses yeux étaient colère</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:11;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:11;"&gt;Samedi dernier, à peine revenue d’Azay-le-rideau où elle avait vécu des moments intenses avec les canards des douves, elle m’a emmené dans les rues du quartier. Ce n’était jamais la bonne rue. Elle s’arrêtait, me montrait le ciel, les gouttières sales de certaines maisons, ses yeux étaient colère. Et tout d’un coup j’ai lu : « Rue des hirondelles ». Ses mains, ses yeux m’ont dit : « elles ne reviendront plus. Ce sont les hommes qui ont fait cela. » Le matin même, j’avais bien vu le flacon de produit répulsif destiné à éloigner les chats. J’avais entendu piailler dans les nichoirs à mésanges bleues de son jardin. Un 22 avril, son oreille voulait entendre les cris stridents des martinets noirs et des hirondelles revenus du Sénégal. J’ai eu beau lui dire qu’il fallait patienter quelques jours, rien n’y a fait. Nous avons acheté un appareil-photo jetable, puis elle a pris des photos sans regarder dans le viseur. Ce matin, elle est partie en car, à Port-Barcarès, avec la Mutuelle de son mari défunt. C’est la première fois de sa vie qu’elle prendra des photos. C’est la première fois qu’elle voyage sans mon père. C’est sa migration à elle. Si les hirondelles ne viennent pas à elle, elle ira aux hirondelles. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:11;"&gt;Samedi prochain, lorsqu’elle descendra du car, ses photos et son sourire d’octogénaire me diront : « je les ai vues, je les ai entendues qui criaient ».&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-114631881365477133?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/114631881365477133/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=114631881365477133' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/114631881365477133'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/114631881365477133'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2006/04/ses-yeux-taient-colre.html' title='ses yeux étaient colère'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-114617043048285991</id><published>2006-04-27T13:34:00.000-07:00</published><updated>2006-04-27T13:40:30.500-07:00</updated><title type='text'>sous le faix du fagot aussi bien que des ans</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;Le Canard enchaîné, il y a peu, s’est moqué du philosophe Comte-Sponville qui avait emphatiquement expliqué que « la vieillesse est un naufrage ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;C’est beau de vieillir parce que sinon, que seraient les jeunes privés de voir vieillir ? comment pourraient-ils un jour se voir vieillir à leur tour, entourés de futurs vieux ? Les vieux ne se mettent pas en mouvement dès qu'une branche se balance. Ils savent qu'une mésange a pu en avoir besoin avant de rejoindre son nid pour ne pas être aperçue. Après, c'est une affaire d'élasticité des branchages.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-114617043048285991?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/114617043048285991/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=114617043048285991' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/114617043048285991'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/114617043048285991'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2006/04/sous-le-faix-du-fagot-aussi-bien-que.html' title='sous le faix du fagot aussi bien que des ans'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-113431303149711133</id><published>2005-12-11T06:54:00.000-08:00</published><updated>2006-02-02T22:39:29.613-08:00</updated><title type='text'>les planches courbes</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;Le 7 juillet dernier, j’ai écrit ça que je retrouve, par le plus grand des hasards :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;"L'air est doux et parfumé&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;Le vent porte des caresses venues des étoiles&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;Et le fleuve s'écoule en bris de miroirs silencieux&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;     &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;Ce n’est pas à la souffrance de ne plus avoir mon père que m’affronte son agonie mais à ma propre mort, à ce doute : qu’ai-je oublié avant de m’en aller à mon tour ?"&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;     &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;Aujourd’hui 11 décembre, chaque jour, est une autre vie. L’essentiel est d’avoir toujours sur soi une petite pièce de cuivre. De savoir attendre l’heure de la barque. Ce n’est pas grave d’être fatigué, si c’est de la bonne fatigue. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;J’ai écrit dans un petit livret distribué en août 1996 à une douzaine d’exemplaires pour les noces d’or de mes parents mariés le 29 juillet 1946, à propos de mon grand-père et parrain : « &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;Albinus, est né le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars 1893. A 9 ans, il quitte définitivement ses parents, part en Allemagne et en Suède. En 1906, à 13 ans, il part avec sa soeur Karoline (9 ans) rejoindre le frère aîné Marinus dit Marius à New-York. Les embruns et le soleil raccourcissent considérablement les vêtements des deux voyageurs pendant la traversée »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;J’ai toujours pensé un jour aller à Ellis Island chercher son nom gravé. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;Voici la suite :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;« Pendant plusieurs années, Albinus, avec son cheval Mike, livre du charbon l’hiver et de la glace l’été. Albinus peut demander tout ce qu’il veut à Mike. Un jour, il entre en apprentissage chez Ford. Il en ressort mécanicien et s’engage. Le voilà chauffeur-mécanicien sur plusieurs véhicules (Packard surtout). En 1917, le sergent Albinus Jørgensen débarque à Bordeaux. En 1890, Jean-Alexandre Chaillou, charpentier naval, est à Buenos-Aires avec Devina dite Adelina. Leur fille Romilda ne voit pas d’objection majeure à commencer sa vie en Amérique du sud. Quelques années plus tard, petite fille juchée sur les épaules de son père, elle traverse la Charente, là-haut, à 50m au-dessus de l’eau, sur la travée supérieure du pont transbordeur de Martrou où Jean-Alexandre a travaillé »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;D’où il ressort que ma grand-mère et mon grand-père ne se sont connus qu’au prix de traversées d’océans et de rivières.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;Dans ce blog, figure un texte écrit le 23 août 2001, mis en ligne en juillet dernier, « Nuit sans Liliana ». D’où j’écris ces mots, une petite maison de pêcheur retapée du sud-Loire, près de Saint-Jean de Boiseau, il ne faut que dix minutes, 800 mètres, pour voir « la haute silhouette de la tour à plomb de Couëron » et la barque qui attend dans l’eau vaseuse. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Planches courbes&lt;/span&gt; d’Yves Bonnefoy, l’Enfant n’a ni père ni mère. L’homme qui le fait monter dans sa barque pour passer le fleuve est un géant.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;Dans « Nuit sans Liliana », c’est la marée, c’est-à-dire l’océan et la lune, qui aident Laurine à pagayer, à traverser le fleuve. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt;"&gt;L’Autre rive, c’est un horizon sur lequel s’abîment et s’usent nos regards orphelins.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-113431303149711133?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/113431303149711133/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=113431303149711133' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/113431303149711133'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/113431303149711133'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/12/les-planches-courbes.html' title='les planches courbes'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-113032915131996732</id><published>2005-10-26T05:17:00.000-07:00</published><updated>2005-11-19T23:00:06.010-08:00</updated><title type='text'>suspension</title><content type='html'>Je n'ai pas le temps de m'occuper de ce blog actuellement. Nouveau départ en 2006. Merci de votre compréhension. J-C J&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-113032915131996732?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/113032915131996732/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=113032915131996732' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/113032915131996732'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/113032915131996732'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/10/suspension.html' title='suspension'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-112724413639632443</id><published>2005-09-20T12:20:00.000-07:00</published><updated>2005-09-20T12:22:16.400-07:00</updated><title type='text'>chanter</title><content type='html'>http://www.maulpoix.net/&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-112724413639632443?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/112724413639632443/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=112724413639632443' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/112724413639632443'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/112724413639632443'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/09/chanter.html' title='chanter'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-112532774946099170</id><published>2005-08-29T08:00:00.000-07:00</published><updated>2005-08-29T08:02:29.466-07:00</updated><title type='text'>23 août 2005</title><content type='html'>&lt;p class="MsoPlainText"&gt;tu es calme dans ton capiton champagne&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoPlainText"&gt;tu es acquitté dans ta nuit sans nuages&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-112532774946099170?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/112532774946099170/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=112532774946099170' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/112532774946099170'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/112532774946099170'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/08/23-aot-2005.html' title='23 août 2005'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-112080764903391343</id><published>2005-07-08T00:26:00.000-07:00</published><updated>2005-11-04T13:53:00.773-08:00</updated><title type='text'>nuit sans liliana</title><content type='html'>&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;Des chasseurs sont revenus dans la soirée et ont garé leurs véhicules cabossés devant la maison de l’un d’entre eux. Laurine a vu le sang sur les poignées des portières et ce sang l’empêche de dormir. Elle sait que dans l’estuaire de la Loire, beaucoup de chasseurs sont fiers de ne jamais se séparer de leur fusil et de braver les lois protégeant les espèces en voie de disparition. &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Pourquoi Liliana n’est-elle pas rentrée ?&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Ils parlent en tordant la bouche et sont si gros. L’un d’entre eux a eu quelque peine à descendre de sa voiture et d’autres l’ont aidé. Tous riaient bruyamment.&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Liliana !&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Des gouttes de sang tombaient une à une régulièrement du coffre de la plus grosse des voitures où attendaient deux chiens énormes.&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Liliana !!&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Le silence de la maison est tel que Laurine pourrait retrouver dans l’obscurité tous les réveils, toutes les montres, pendules et horloges de la cave au grenier rien qu’au bruit. Au loin, la corne d’un navire qui remonte la Loire. C’est marée haute. Puis ce sont les piaulements réguliers des petits affamés d’un couple de moyens-ducs qui nichent non loin dans un bouquet de chênes. Laurine pense à Antoine. Comment le prévenir ? &lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoBodyText"&gt;Dans la rue de Grissac à Saint-Jean de Boiseau, le téléphone est toujours coupé. Laurine ignore le nouveau numéro du portable de son papa. Le pont de Cheviré est interdit aux piétons et aux cyclistes et de toute façon il est trop loin.&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Un autre coup de corne lui parvient de la Loire. Laurine voit les bateaux des pêcheurs de civelle et les canots amarrés près du bac. Mais oui, bien sûr, c’est la solution. Elle s’habille rapidement, sort de la maison en courant, et cherche une embarcation, une petite, avec des rames. La marée montante va l’emporter à l’extérieur du méandre, contre les appontements sud, ceux contre lesquels le bac effectue ses stations tous les quarts d’heure, au grand jour. &lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;A dix ans, Laurine n’a pas assez de force pour tirer sur la rame, elle pagaie, elle guide le bateau porté par le courant. Elle distingue les grands arbres qui se rapprochent, éclairés par une lune laiteuse et blafarde. De la rive qu’elle vient de quitter, des aboiements sonores et des claquements de portières lui parviennent.&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Papa, Liliana, j’arrive !&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Au milieu du fleuve, des reflets pulvérisés dansent dans les remous noirs. Le vent apporte des stridences étouffées de la ville, bruits de trains, roulements de camions, sonneries lointaines. En aval, dans le méandre suivant, la haute silhouette de la tour à plomb de Couëron se détache sur une tapisserie de haute lice trempée d’encre de chine, aussi trouée d’étincelles que la cible de carton qu’un militaire vient de cribler dans un stand de tir.&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;La fillette saute de la barque, la traîne dans la vase, et ses bottines font des bruits de succion.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-112080764903391343?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/112080764903391343/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=112080764903391343' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/112080764903391343'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/112080764903391343'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/07/nuit-sans-liliana.html' title='nuit sans liliana'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-111930002875324142</id><published>2005-06-20T13:39:00.000-07:00</published><updated>2005-06-20T13:40:28.760-07:00</updated><title type='text'>les volets</title><content type='html'>&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;Je n’ai la télévision que depuis un an et demi. Je n’étais pas l’ennemi irréductible de cet outil de communication moderne, mais je n’avais guère le temps de la regarder et à présent, je l’ai.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;Et puis, ma fille a peu à peu exigé de pouvoir regarder des vidéos. Et à l’habitude pour moi de regarder le « Vingt-heures », s’est ajoutée celle de regarder le film qui suit. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;J’ai mis l’appareil dans la chambre côté rue, de cette façon, il ne dérange personne côté jardin. Seul inconvénient léger, l’été : l’absence de volets. La rue est très étroite, c’est une ruelle, une venelle, la lumière est donc atténuée. Mais quand même, à 21h, à 22h, en juin, en juillet, il ne fait pas nuit, et je verrais mieux mon écran, qui est tourné vers la fenêtre, si la pièce était davantage obscurcie. Vous me direz : « qu’attends-tu pour faire poser des volets ? » Oui ! Mais voilà, la fenêtre, pour cela, doit être changée. J’en ai commandé une sur mesures, justement à l’époque où j’ai acheté le téléviseur. Et depuis, elle est couchée dans mon salon. Elle attend monsieur Varlope, le menuisier qui m’a promis régulièrement de venir mais qui est débordé. D’ailleurs, je ne m’inquiète pas, tout le monde me le dit : aujourd’hui, c’est impossible d’avoir un artisan. Il faut attendre des mois. Au début, je l’appelais, et, à chaque fois, il promettait : « No non je ne vous oublie pas monsieur Robin ». &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;Et comme je sais que le père Hubert, qui habite en face, est copain avec Varlope, je passe par lui depuis plusieurs mois. « Dis-donc Hubert, ton copain Varlope est toujours pas venu. Dis-lui que les nuits de pleine lune, je pense bien à lui ». La réponse que j’obtiens, c’est invariablement « Il va venir ! Je vais lui rappeler. Je crois qu’il a eu des problèmes de santé » ou alors : « Oui, je sais, mais il a vraiment beaucoup de travail en ce moment ».&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;On dirait que le père Hubert, lui, il a un problème inverse du mien. Il a des volets et il ne les ferme jamais ! J’en suis sûr puisque sa fenêtre du premier est juste en face de la mienne. Encore heureux qu’il n’allume jamais sa pièce au premier, sinon, en raison de l’étroitesse de la ruelle, la lumière entrerait chez moi et j’aurais encore plus de mal à regarder le vingt-heures et le film. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;Faut dire que le père Hubert, il roule pas sur l’or, et il doit économiser sur l’électricité. Avec sa pension d’invalide de guerre, il n’a droit à aucune fantaisie : il a des volets, mais pas la télé.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;S’il voulait, le père Hubert, il pourrait sans doute se procurer un vieux téléviseur à peu de frais chez Emmaüs. Mais il ne pourrait pas payer l’installation de l’antenne ni surtout la redevance. Et il n’a pas envie d’avoir d’ennuis, il tiendrait à déclarer l’appareil. De toute façon, c’est un couche-tôt. L’hiver, il n’y a pas de lumière chez lui. Pas de bruit non plus. Quand je me lève, lui est debout depuis longtemps sans aucun doute.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;Hier soir, il faisait très chaud, j’avais ouvert la fenêtre. Comme chaque année à la mi-août, des étoiles filantes illuminaient la voûte céleste de temps à autre et l’écran du téléviseur qui diffusait un navet me renvoyait leur sillage reflété. Ma fille était ravie. Tout d’un coup, nous avons entendu tousser derrière nous. J’ai pensé au père Hubert. J’ai scruté les reflets sur l’écran. J’ai fini par distinguer des yeux. C’était lui. Il suivait le navet attentivement. J’ai chuchoté à ma fille de ne pas faire de bruit. Nous sommes descendus silencieusement dans l’obscurité, puis, allongés dans l’herbe au bout de la rue, nous avons fait un vœu à chaque nouvelle étoile filante. Et j’ai su que la fenêtre côté rue ne serait jamais fermée par des volets.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-111930002875324142?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/111930002875324142/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=111930002875324142' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/111930002875324142'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/111930002875324142'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/06/les-volets.html' title='les volets'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-111839085636013899</id><published>2005-06-10T01:07:00.000-07:00</published><updated>2005-06-10T01:08:56.886-07:00</updated><title type='text'>that guy</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;code&gt;&lt;span lang="EN-GB"  style="font-size:10;"&gt;&lt;img src="http://jeanclaude.jorgensen.free.fr/thatguy.jpg" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/code&gt;&lt;span style="" lang="EN-GB"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-111839085636013899?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/111839085636013899/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=111839085636013899' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/111839085636013899'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/111839085636013899'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/06/that-guy_10.html' title='that guy'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-111838423084635153</id><published>2005-06-09T23:16:00.000-07:00</published><updated>2005-06-09T23:17:10.853-07:00</updated><title type='text'>communications</title><content type='html'>Un soleil pâle dissipe les dernières nappes de brume matinale effilochée dans les prés calmes. Là-bas, à l’horizon, un point se déplace dans le chemin de terre. Un cycliste perdu dans ce paysage vallonné.  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;« Est-ce que c’est lui ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;-- Je sais pas, il est trop loin.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;-- Passe-moi les jumelles papa, t’as une mauvaise vue.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;-- Non, attends, je le vois plus, il est caché par la grange du père Mathieu. Ça y est, je le vois. Et puis alors, il appuie sur les pédales. Il en veut. OUI !!! C’EST LUI !!! Chui sûr qu’il vient cheu nous. Mais… ine t’aura point ».&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;Pierre Bordeaux posa les jumelles en tremblant, se tourna vers une photo jaunie fixée au mur. Une photo de première communion.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;Depuis cette première communion, elle en fait des jaloux ma fille. Tout le monde n’a pas la chance comme moi d’avoir une fille intelligente, ravissante et sérieuse. Pas de fils pour reprendre la propriété d’accord, un seul enfant d’accord, une fille oui, mais… quelle fille ! Je ne laisserai pas Estelle aller avec n’importe qui. Et surtout pas avec le fils du maire. Ça fait assez longtemps que tu lui fais les yeux doux mon petit bonhomme. Mais attends un peu, c’est Estelle elle-même qui va t’éconduire. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;« Allez mon cœur, appelle-le sur son portable. Dis-lui… Le voilà qui s’arrête…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"&gt;-- Hervé, c’est moi, Estelle. Ne viens pas. Pas maintenant… Oui, il est là. Quoi ?…… Comment ça le POS.. ?.. On va être expropriés… ?! C’est ton père qui t’envoie ?.. Tu veux que je te le passe ? …Papa, c’est pour toi ! »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-111838423084635153?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/111838423084635153/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=111838423084635153' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/111838423084635153'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/111838423084635153'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/06/communications.html' title='communications'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-111056853672392201</id><published>2005-03-11T11:13:00.000-08:00</published><updated>2005-03-11T11:15:36.726-08:00</updated><title type='text'>le président</title><content type='html'>Le plus grand des hasards a voulu que je réunisse ces trois documents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PREMIER DOCUMENT :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                              Hôtel Lapidaire, le 31 fièvrieux&lt;br /&gt;J’habite près d’une gare. La nuit, quand le vent est à l’Ouest, j’entends les trains. Je les imagine au passage des gares, sans ralentir, frôlant des feux rouges ou verts à 300 km/h. Parfaitement, à 300 km/h. Du Croisic à La Baule non. On l’accepte très bien d’ailleurs, car ce n’est pas un long trajet. De Saint-Nazaire à Nantes, c’est pas encore ça, mais le TGV dépasse quand même les 120 km/h. Jusqu’à Angers, c’est encore plus rapide puisque 35’ suffisent à faire 80 kms. Mais c’est après Chartres que les 300 kms/h sont dépassés, on le sent à l’inclinaison des rames dans les virages.&lt;br /&gt;Bon, j’espère que ce contre-temps n’aura pas d’incidence sur mon examen professionnel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                              Le 23,2 descendres&lt;br /&gt;Hier (ou avant-hier), j’ai écrit au Président. La petite mignonne de l’hôtel m’a dit qu’elle lui avait porté ma lettre en mains propres.&lt;br /&gt;A la réception, c’est très high-tech, très propre. On voit le personnel en blouse blanche. Tout est très propre, très calme d’ailleurs ici. Le matin, un homme très poli, propre sur lui, vient me voir. Il est sans doute très seul, et c’est pourquoi je lui parle volontiers de moi. D’ailleurs, je l’avoue, ça me fait du bien de lui parler, et il a un tic, souvent il dit le mot « bien ». Ce que je ne lui dis pas, c’est que bientôt, quand le Président du jury m’aura trouvé une nouvelle date pour que je passe mon épreuve professionnelle, je rentre chez moi, à Nantes, près de la gare. J’attends. Je le ménage. Je sais que ça va le peiner. D’ailleurs, il trouvera sûrement d’autres clients de l’hôtel pour papoter. D’ici-là, je le laisse emporter mes feuillets datés, car il veut bien s’occuper de les mettre au propre, et il les trouve « intéressants ». Et comme ça ils risquent moins d’être perdus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                              Luncredi 10 janvril 1020&lt;br /&gt;A midi, j’ai mangé du camembert, mon fromage préféré. Il y avait des comprimés de plusieurs couleurs à avaler : sans doute de la publicité.&lt;br /&gt;Le Président du jury ne m’a toujours pas écrit. Il y a peut-être une grève de la SNCF. Ou bien les épreuves de conducteur de train ont été reportées. Dès que je les aurai passées : hop ! Je prends le premier Paris-Nantes, même si je dois payer un supplément pour la réservation. Quand on pense que bientôt le TGV roulera à 400 km/h en service commercial ! Evidemment, d’ici-là, on aura trouvé la solution pour que les ruptures de caténaires soient exceptionnelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;DEUXIEME DOCUMENT :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etude de Maître Arthur Pacific&lt;br /&gt;Avocat du Barreau de Paris&lt;br /&gt;231 rue Saint-Lazare&lt;br /&gt;PARIS 8è&lt;br /&gt;                                                                                  Paris, le 21 mars 01&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                       A Monsieur Pierre Dupont&lt;br /&gt;                                                                       Prison de la SANTE&lt;br /&gt;15 de la 11è&lt;br /&gt;                                                                       Boulevard Arago&lt;br /&gt;                                                                       PARIS 14è&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                   Cher monsieur,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous remercie du versement de 1200€ que vous avez bien voulu faire parvenir à mon étude à titre d’arrhes.&lt;br /&gt;J’ai pu accéder à votre dossier. L’accusation ne détient pas de preuve décisive de votre culpabilité. Il est toutefois établi qu’une pierre a bien été jetée depuis le pont où vous avez été aperçu le lundi 23 octobre 1999 vers 18h par un témoin de bonne foi.&lt;br /&gt;Votre intention, dites-vous, est de faire part au procès de votre passion pour les trains depuis l’enfance afin de mieux justifier votre présence sur les lieux du déraillement. J’aimerais assez plaider l’erreur judiciaire. Un fâcheux concours de circonstances. Pour finir, une péroraison à la Démosthène en brandissant quelques numéros de &lt;em&gt;La Vie du Rail&lt;/em&gt; prétendument trouvés chez vous.&lt;br /&gt;Par ailleurs, la seule victime de l’accident (je dis bien &lt;em&gt;accident&lt;/em&gt;) n’est pas morte. Sa blessure à la tête a entraîné une invalidité à 100% certes, mais enfin le voyageur est vivant.&lt;br /&gt;Je garde bon espoir d’arracher le non-lieu. En l’état actuel des choses, le Président manque manifestement de preuves pour vous condamner.&lt;br /&gt;Je vous serais reconnaissant de m’adresser un nouveau chèque provisionnel de 1200€.&lt;br /&gt;                        Sentiments cordiaux&lt;br /&gt;                        Maître Arthur Pacific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;TROISIEME DOCUMENT :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AFP, le 24 octobre 1999&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;UN TGV DERAILLE A LA SUITE D’UN ACTE DE VANDALISME&lt;br /&gt;Hier vers 18h, un TGV Nantes-Paris-Montparnasse, lancé à pleine vitesse entre Chartres et Paris, a percuté une pierre de grandes dimensions tombée sur la voie quelques instants plus tôt. La motrice et plusieurs rames ont déraillé et se sont couchées sur le bas-côté. Les secours parvenus rapidement sur les lieux ont déploré une dizaine de blessés légers et une victime plus gravement atteinte à la tête, mais dont les jours ne semblent pas en danger.&lt;br /&gt;L’enquête s’oriente vers la thèse du vandalisme. En effet, un jeune homme a été appréhendé peu après la collision, alors qu’il se trouvait sur le pont d’où le bloc de rocher est tombé. Il a été placé en garde à vue. Le trafic a pu être rétabli assez rapidement. Pour Louis Gallois, le Président de la SNCF, aucune défaillance technique ou humaine n’a été relevée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà.&lt;br /&gt;Troublant n’est-ce pas ?&lt;br /&gt;J’ai un ami prof de français en lycée, je sais qu’il réfléchit à un groupement de textes sur le train en seconde et en première, fumeurs et non-fumeurs. Je vais lui donner ces trois documents. Ça lui fera plaisir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-111056853672392201?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/111056853672392201/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=111056853672392201' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/111056853672392201'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/111056853672392201'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/03/le-prsident.html' title='le président'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-111056818939989933</id><published>2005-03-11T11:09:00.000-08:00</published><updated>2005-03-11T11:09:49.400-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;img src="http://jeanclaude.jorgensen.free.fr/gustave_.jpg" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-111056818939989933?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/111056818939989933/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=111056818939989933' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/111056818939989933'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/111056818939989933'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/03/blog-post_111056818939989933.html' title=''/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110941898990773862</id><published>2005-02-26T03:55:00.000-08:00</published><updated>2005-02-27T13:26:03.530-08:00</updated><title type='text'>G préférés</title><content type='html'>La tombe, c’est lorsqu’on tombe pour de bon. Gustave, t’es tombé en train d’écrire. Guy, en nous rappelant que la folie nous guette tous. C’est difficile d’être avec l’un de vous deux sans être avec l’autre. Comment Guy t’es-tu incorporé Gustave en restant toi-même ? Comment Gustave, t’es-tu reproduit en Guy sans passer par la biologie ?&lt;br /&gt;Toi, Gustave, j’étais hier, sur ta tombe, au cimetière monumental, incognito. Il neigeait. C’était bien. Tout près de la tombe de Cléophas, de Caroline, de Louis Bouilhet. De là, on voit Croisset, comme tu le voulais. Autour, des rouennais, bien morts ceux-là, en vrais bourgeois.&lt;br /&gt;Toi, Guy, je retourne te voir demain, au Montparnasse. Je ne verrai pas la vilaine armature de fer que Laure a fait poser. Je ne verrai que les fleurs. Même un 24 février je sais qu’il y en aura. En dépit de la neige. « La grande plaine est blanche, immobile et sans voix » ; « Des arbres dépouillés dressent à l’horizon / Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes » (&lt;em&gt;Des Vers&lt;/em&gt;).&lt;br /&gt;1880, 1893, c’est comme si c’était hier. Tous les trois, on sera copains comme cochons.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110941898990773862?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110941898990773862/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110941898990773862' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110941898990773862'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110941898990773862'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/02/g-prfrs.html' title='G préférés'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110754077895728287</id><published>2005-02-04T10:10:00.000-08:00</published><updated>2006-04-30T11:36:04.570-07:00</updated><title type='text'>à la manière de gherasim luca</title><content type='html'>momo momo moumou moumoute moumoute mord moumoute pas morte pas encore moumoute mastique du mou des corps morts des cormorans moumoute mange du mou et moi l’écho des mots des morts des mortifications des fortifications et moi l’écho des maux des autres les émaux d’eux et moi les zéros les hémorroïdes les hémorroïdes les émois des hémorroïdes laissez-moi les homos laissez-moi les hémophiles les hémophiles à l’anglaise le dermophile indien les thermos en file indienne les atermoiements le moi ment les mamans maman maman le lait de ma maman le lait môme le lait en boîte le laid moite emboîte le pas l’émoi des moisis l’émoi du vomi des voisins rendez-moi les mois des maux rendez-moi les mots du mois mon œdème à moi émaux d’émoi aidez-moi&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; color: rgb(51, 51, 51);"&gt; &lt;/span&gt; demandez-moi les échos du moi les couacs du mois demandez moi mes émaux demandez les émois du mot demandez l’émoi des mots demandez aux mots l’émoi&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110754077895728287?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110754077895728287/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110754077895728287' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110754077895728287'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110754077895728287'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/02/la-manire-de-gherasim-luca.html' title='à la manière de gherasim luca'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110639944118007319</id><published>2005-01-22T05:03:00.000-08:00</published><updated>2005-01-22T05:28:15.203-08:00</updated><title type='text'>lapin</title><content type='html'>Tiens !&lt;br /&gt;Voilà !&lt;br /&gt;Exactement ça la définition de la vie.&lt;br /&gt;Une pente douce. Tout est facile, tu te dis que ça roule pendant tellement d’années que les crédits t’auras pas de mal à les payer et que la côte là-bas au loin, tu la graviras sans peine avec l’élan de la descente, l’expérience, les économies et un peu de chance. D’ailleurs, en haut, y a la maison. Ta maison, celle que tu t’es payée peu à peu, avec des mômes et une femme qui t’attendent, avec de la chaleur et tout.&lt;br /&gt;Eh bien, c’est ce que tu crois au début, mais patatras. Le long fleuve tranquille, en fait, c’est la faillite de ton entreprise, le divorce, et, cerise sur le gâteau, ce projet idiot d’Europe à vélo !&lt;br /&gt;En fait, la petite côte finale est plus dure que la Via Dolorosa. Après des mois de calvaire, que Jésus n’en a pas connu autant, de rampes montées parfois le vélo à la main, de vent dans le nez, dépouillé de tout, ignoré de tous, t’arrives !&lt;br /&gt;Vide ! La maison est vide !&lt;br /&gt;Ils sont tous partis ou morts !&lt;br /&gt;T’as pu qu’à tout recommencer à zéro. C’est ça la vie !&lt;br /&gt;Putain, fais gaffe au lapin, quand tu t’emportes tu fais des écarts, ça va faire comme en Italie l’an dernier connard. Tu veux à nouveau te retrouver à l’hosto et te faire piquer le spade ?&lt;br /&gt;D’ailleurs c’est même pas vrai. Y a eu Selma et Archimède.&lt;br /&gt;Rien qu’avec ces deux histoires-là tu fais salle comble mon pote.&lt;br /&gt;Putain encore un lapin. J’ai encore failli me casser la gueule. Si j’en chope un, je le rôtis sur un feu de bois illico. J’en ai marre du maquereau aux oignons. Bon, où j’en étais? Ah oui, la petite Selma. Trois semaines à faire l’amour tout le temps. Oui mais tu peux pas raconter ça aux gens. D’autant plus que ça t’obligerait à avouer qu’elle t’a ensuite conduit d’Uppsala à Kirouna en Saab, plus de mille kilomètres, pour rattraper le temps perdu. Et les lignes droites sur la terre, dans les interminables forêts de bouleaux, tu vas pas me dire que tu les aurais faites jusqu’au bout ? Donc, pas raconter ça. Pas raconter non plus le gadin avec les bois de rennes fixés sur le guidon pour frimer. T’as bien vu ce matin, dans la glace, en te rasant, on voit encore les cicatrices. Les andouillers dans la figure, ça fait pas du bien. Doivent s’amocher les rennes avec ça quand ils s’affrontent pour une femelle.&lt;br /&gt;Et puis alors annoncer au micro « les voleurs suédois, ils te volent tout : le spade italien, l’appareil photo, le camescope, les pellicules, le journal de bord », non seulement ça va faire rire, ça fait pas pro, mais en plus y en a qui vont même douter que je les ai vraiment faits les kilomètres.&lt;br /&gt;Selma m’avait dit : « Ne crains rien, personne ne te volera ton vélo ici, mon lapin ». Quelle naïveté ! J’ai promis de lui rembourser celui-là à mon arrivée à Saint-Malo. Mais comment ? Sans photos, sans films, sans journal de route, ni pour l’Europe du sud, ni pour l’Europe du Nord, comment je vais faire ?&lt;br /&gt;Même avec mes souvenirs, je suis incapable d’écrire le moindre bouquin. Selma, oui, forcément, une traductrice travaillant au Consulat de France ! Mais moi ! Quand je pense que les premiers temps, elle avait enregistré nos conversations pour pouvoir faire un article dans la revue du Consulat. Qu’est-ce qu’ils sont devenus ces enregistrements ?&lt;br /&gt;Merde, y avait des gravillons ! Je sens que je vais continuer à pinces, pas envie de me rétamer avec ce troisième spade.&lt;br /&gt;Ah ! Je vois d’ici Michel Le Bris présentant mon périple au Festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo : « La route des Quinze à pied, à vélo et en bateau : Souvenirs de Gaston Gaffiot ». Pas une photo pour les onze premiers mois, mais les photos floues de mes appareils jetables pour les quatre derniers mois. Les journalistes seraient pliés de rire.&lt;br /&gt;Alors là, je t’arrête. Avec Archimède, t’as de la matière. Oh ! Mais ! Oh ! Est-ce que par hasard, tu n’aurais pas gardé tes notes de Hania dans la petite poche latérale du sac à dos. Tu les as jamais retrouvées, mais si ça se trouve elles ont toujours été là ! Stop ! Tout le monde descend. En plus, à mi-côte, ça me fera une pause. S’il y a quelqu’un dans la maison, derrière les arbres, il ne peut pas me voir. Et de toute façon, y a personne.&lt;br /&gt;Eh ben les voilà les notes de Hania, super ! Lisons tout ça, dix mois après je vais me faire plaisir, je n’avais donc pas tout perdu.&lt;br /&gt;« 15h30 l’heure du bain à Aghia Marina. karpoussi, galla, pagota, psomi, nero. 19h Soirée calme et doucement dorée pour endormir le port vénitien. Là-bas, son vieux phare veille vénérablement, visible depuis les vaisseaux dans les vagues.&lt;br /&gt;Amphitriti Hôtel. Pallas. Pandora suites. Internet &lt;a href="mailto:C@fe"&gt;C@fe&lt;/a&gt;. Au Kipkh Music Club, on peut même commander un Chateaubriand (à deux) ! Pauvre François-René. Nostos. Rooms for rent. Korali taberna pizzeria. ζενοδοχειο. Fresh fish. Sea food steak. ψαρι. Souvlaki. Spaghetti. μουςαχας. Pizza. Greek traditional home cooking. Moysaka. Pastitsio. C’est la guerre des langues, des palais et des alphabets, la Tour de Babel retrouvée. Le touriste babille, brait et rit. Avant de grimper sur des mules coiffées d’un chapeau de paille. Dans lequel on a ménagé deux trous pour qu’en jaillissent les oreilles.&lt;br /&gt;Laissons l’Eirini qui propose une daily cruise romantic sunset et préférons le Poseidon qui ressemble à un sous-marin. C’est un glass bottom boat, autrement dit un bateau équipé d’un fond transparent. »&lt;br /&gt;Comment Archimède, son exploitant, fait-il pour avoir plus de clients ? C’est pas dans les notes, mais ma mémoire est bonne : des bidons remplis d’eau de mer et de poissons achetés vivants à des pêcheurs et hop, au large, la faune s’enrichit par l’ouverture d’une trappe cachée. Sacré Archimède !&lt;br /&gt;Bon, je commence à avoir froid, en route ! Fini de rire. L’homme est sur terre pour souffrir. Il ne sera pas dit que j’ai fait exception. Je sais pertinemment que la maison là-haut est vide, que ma vie était, est et sera désespérément vide, que la cerise sur le gâteau est un noyau. Mais je vais faire comme Saint-Thomas : ne croire que ce que je vois. Ensuite, rejoindre la côte, prendre le bateau à Cork et puis ce sera l’arrivée triomphale à Saint-Malo après seize mois de tribulations, oui Gaston connaîtra ce moment grandiose et glorieux : manger une soupe chaude dans un restau du cœur de Saint-Malo ! Alleluia !&lt;br /&gt;Si seulement j’avais suivi un atelier d’écriture, je ferais un bouquin. Que là, je suis condamné à la conférence sans diapositives, à une soirée-causerie avec les voisins. Des quinze pays de l’Union, quel est celui que vous préférez ? Alors, elles sont mignonnes les petites lapones ?&lt;br /&gt;Elles étaient pourtant belles mes photos. Même en refaisant la route en bagnole, je ne pourrais pas les reprendre. Surtout celles faites à bord du Poséidon. Et de toute façon, France, Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Autriche, Allemagne, Finlande, Suède, Danemark, Pays-Bas, Luxembourg, Belgique, Grande-Bretagne, Irlande, c’est trop long et trop cher, Bruxelles refuserait de me sponsoriser une deuxième fois. Merde ! Et voilà ! Tout étalé dans le chemin. Et je me suis fait mal. Il me manque plus qu’une couronne d’épines. J’aime pas les chasseurs mais là, je les aurais embrassés s’ils m’avaient shooté le lièvre qui vient de foutre mon vélo par terre.&lt;br /&gt;“Your byke fell down j’m afraid”&lt;br /&gt;Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qu’il veut celui-là ?&lt;br /&gt;“It’s allright boy, the byke is OK, goodbye!&lt;br /&gt;- Are you mister Gaffiot ?&lt;br /&gt;- Heu ! Yes, j’m mister Gaffiot. Do you know who j am ?&lt;br /&gt;- Yes, j know. This is the post-office of Shirkin. J’m the postman. A letter for you mister.&lt;br /&gt;- Thanks&lt;br /&gt;- Byebye”&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Uppsala, 2 novembre 2002&lt;br /&gt;Lapin,&lt;br /&gt;Quand tu recevras cette lettre, cela fera cinq mois exactement qu’on s’est quittés. Je souffre de ne plus avoir de tes nouvelles. Reviens vite mon chou. Tu te demandes comment j’ai su que tu passerais à Shirkin Bay dans ce coin perdu du sud-ouest de l’Irlande ? C’est simple. C’est Ingmar, un ex, jaloux comme tout, qui avait fait disparaître ton vélo. J’ai fini par le faire avouer. Il avait tout gardé, photos, caméra, journal de bord et je sais donc que tu vas passer là pour aller voir ton cousin pêcheur. En portant cette lettre tout à l’heure, je vais téléphoner à la poste de Shirkin pour qu’ils guettent ton passage.&lt;br /&gt;J’ai aussi transcrit nos enregistrements, donne-moi un n° de fax à ton arrivée pour que je te les envoie.&lt;br /&gt;Et surtout réserve vite un vol pour Stockholm.&lt;br /&gt;Ta Selma qui t’aime.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110639944118007319?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110639944118007319/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110639944118007319' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110639944118007319'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110639944118007319'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/01/lapin.html' title='lapin'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110565162870473680</id><published>2005-01-13T13:26:00.000-08:00</published><updated>2005-01-13T13:27:08.703-08:00</updated><title type='text'>du verdict au machouillis</title><content type='html'>c’est lui c’est bien lui cachez-vous qu’il ne vous voie pas restez derrière lui jaillissez au dernier moment armés chargés il faut qu’il avoue il l’a fait exprès on l’a vu attention à la détonation à la décomposition dans la boue t’es rien qu’une fumée une poussière t’es une poussière dans l’œil tu tombes tu gémis tu geins tu gis t’es pourri tu retournes à la terre tu n’entendras plus les oiseaux tu ne verras plus le soleil se lever d’ici on ne peut pas nous voir de là-bas tu ne reviendras jamais aucun de nous ne parlera on gardera tout pour nous personne ne devinera jamais tout le monde t’oubliera&lt;br /&gt;les balles sifflent ça murmure dans mon dos les bouches font du bruit ça enfle on enquête sur moi je suis dans le noir en bas de la Tour de Babel éboulée on entend les syllabes et les boules qui roulent le long du mur on entend gratter dans la terre on entend leur détonation en plein ciel en pleine déglutition en plein cœur dans les glaïeuls la chute des blocs de phrases la fin des voyelles le massicotage des phrases remâchées&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110565162870473680?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110565162870473680/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110565162870473680' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110565162870473680'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110565162870473680'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/01/du-verdict-au-machouillis.html' title='du verdict au machouillis'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110553323831857475</id><published>2005-01-12T04:31:00.000-08:00</published><updated>2005-01-12T04:33:58.316-08:00</updated><title type='text'>écriture et désert</title><content type='html'>                        Myriam,&lt;br /&gt;Je ne t’écris pas pour te faire des reproches. Je veux seulement t’informer, que tu saches à quoi t’en tenir. Il y a des choses possibles et il y en a qui ne le sont pas. Tu ne pourras pas, tu ne pourras plus, plus jamais recommencer, crois-moi.&lt;br /&gt;La première règle, tu le sais, c’est la transposition. On peut bien sûr proposer au groupe des textes qui comportent une dimension autobiographique. Mais on transpose. On ne livre pas comme ça une page brute de son journal intime. En choisissant en plus un épisode croustillant de notre vie sexuelle, tu savais très bien que tu allais déstabiliser le groupe.&lt;br /&gt;Deuxièmement, je t’avais acceptée dans cet atelier d’écriture parce que tu m’avais promis de laisser de côté tes petits plaisirs, substances illicites et autres produits à fumer. Au lieu de cela, tu en as distribué dès le premier jour et ça je ne peux pas l’admettre.&lt;br /&gt;Il y a plus grave. Tu savais que je suis sujet aux maux de tête, que j’étais arrivé fatigué pour animer ce stage « écriture et désert ». Au lieu de me permettre de récupérer, tu as fait venir des groupes de musiciens autour de la tente pour que leurs tam-tams gâchent mes nuits. Comme je leur ai dit de partir, tu as trouvé bon de renvoyer aussi les chameliers. Comme ça, sans téléphone, sans carte et sans boussole, il ne manquait plus qu’une bonne tempête de sable pour faire parler de nous à la télé en Europe. Qu’est-ce qui t’a pris ? Tu as vu dans quel état tu as mis les autres ? Si on a des problèmes de couple, tu n’étais pas obligée pour autant de te venger sur tout le groupe !&lt;br /&gt;Si, au quatrième jour, quand l’instit en retraite a contesté la pertinence de mes retours, tous les stagiaires l’ont soutenu contre moi, je sais très bien que c’est de ta faute. Je sais que tu les avais montés contre moi. C’est ce que je ne te pardonnerai jamais.&lt;br /&gt;Tu te débrouilleras avec le secrétariat à Paris pour continuer la formation avec d’autres animateurs. Moi, j’ai décidé de quitter la maison.&lt;br /&gt;Tu vas recevoir bientôt une proposition de divorce de Maître Champagne.&lt;br /&gt;Adieu&lt;br /&gt;Paul&lt;br /&gt;N.B. Je veux récupérer les fibules et les poteries de Goulimine ainsi que les tapis Zaïane. Ils sont à moi.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110553323831857475?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110553323831857475/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110553323831857475' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110553323831857475'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110553323831857475'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/01/criture-et-dsert.html' title='écriture et désert'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110544569340535889</id><published>2005-01-11T04:13:00.000-08:00</published><updated>2005-01-11T05:37:23.926-08:00</updated><title type='text'>Γαία </title><content type='html'>Je ne sais pas expliquer pourquoi le 22 mars, expérience inoubliable, deux cents élèves de seconde (six classes) ont pris au sérieux, très au sérieux le travail de Jean-Luc Parant, ont pétri l'argile, modelé près de trois mille boules, créé à leur image. Pourquoi tant d'élèves ont su trouver les mots qui (ré)inventent l'homme prenant des mesures dans le cosmos en choisissant différentes échelles. Pourquoi avant-hier, en 1ère S, expliquant un poème de Victor Hugo sur la mer, tout est devenu plus simple pour les élèves quand j'ai pris l'exemple de leur travail avec l'argile au mois de mars. Je ne sais pas expliquer mais je crois sentir quelque chose : si ton poème, Jean-Luc, ne va jamais à la ligne, c'est que nulle Parque ne peut en rompre le fil, que ton souffle, qui fait indéfiniment frissonner les eaux du lac dans sa nuit, est un Chant, qu'une harmonie chargée d'émotion naît de l'accord entre les ocres des pierres millénaires de l'abside de l'abbatiale de Saint-Philbert de Grandlieu et les ocres de tes 30 000 boules vues de loin. Je crois que les jeunes de 16 ans "savent" où est le sacré aujourd'hui, où ils peuvent placer leur confiance, vers où ils peuvent aller pour se reconnaître humains. Et en les inspirant, ton poème ne les a pas trompés. Ils "savent" que, comme tes boules, l'homme est né de la terre et de l'eau pour y retourner. Quel symbole pour eux que de voir l'artiste qu'ils ont accueilli, à qui ils ont pu parler, rendre à Γαία Gaïa, la Terre-mère, ce que tu ne lui avais emprunté que le temps d'une révolution. Que de voir, geste sacré, offrir une œuvre humaine aux puissances de l'au-delà. Sois remercié ici Jean-Luc, au nom des collègues et des élèves, pour ces six boules que tu as bien voulu sauver des eaux mardi dernier 21 septembre, afin de les signer et de les offrir au lycée Alcide d'Orbigny où elles vont enrichir un assortiment de poèmes et de boules. "J'ai seulement voulu donner aux textes que j'écris un volume, aux mots une matière, aux lettres un toucher, au livre une nuit" écris-tu (Le Français Aujourd'hui n°143 octobre 2003). Quelle belle leçon d'humilité&lt;br /&gt;29 septembre 2004&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110544569340535889?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110544569340535889/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110544569340535889' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110544569340535889'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110544569340535889'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/01/blog-post.html' title='Γαία '/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110516996128571226</id><published>2005-01-07T23:38:00.000-08:00</published><updated>2005-02-20T01:34:44.336-08:00</updated><title type='text'>voyage d'affaires</title><content type='html'>En ce samedi 7 juillet, à Amiens, le soleil est aveuglant. Dans la salle des fêtes où une chapelle ardente a été dressée, une foule silencieuse se recueille. Le ministre des transports Jean-Claude Trottinette a les traits tirés. Il ne prononce aucun discours, se contente de serrer la main d’un commissaire et de parler quelques instants avec le Préfet. Il va vers Icare Soulier, chauffeur à l’Elysée et unique rescapé de la catastrophe aérienne du mercredi précédent. Sauvé dans sa chute par la végétation et l’épaisse couche de vase des marais de la baie de Somme, Icare est un miraculé. Il s’en tire avec une minerve et des fractures multiples aux bras, aux jambes, et il attend dignement dans une voiture d’infirme.&lt;br /&gt;« Toutes mes condoléances monsieur Soulier. Je partage la douleur de vos enfants et la vôtre après la perte de Madame Soulier, une femme exceptionnelle ».&lt;br /&gt;Icare a les lèvres serrées. Ses yeux secs fixent les bottines coûteuses du ministre. Il tripote nerveusement dans sa poche un téléphone portable que la police vient de lui remettre, le portable de Martine Soulier. Il y a découvert le dernier SMS envoyé par celle-ci :&lt;br /&gt;« Mon Jan-Clode chéri. Ne t’1kièt pas pour la grève TGV 2main. Icare a réservé 2 places B. Airways. J’Spère ke Jan-Pier va abréG le conseil D ministr com promis.»&lt;br /&gt;Autour du cercueil de Martine, beaucoup d’hommes en noir aux yeux rouges, et très peu de femmes. Oui, Martine était généreuse.&lt;br /&gt;Le Préfet, qui ne quitte pas des yeux Icare, est venu chuchoter à l’oreille du ministre qui repart déjà, soucieux.&lt;br /&gt;Icare est trop loin pour cracher sur les fleurs. Il faudrait qu’on le rapproche.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110516996128571226?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110516996128571226/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110516996128571226' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110516996128571226'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110516996128571226'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/01/voyage-daffaires.html' title='voyage d&apos;affaires'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110468677764779707</id><published>2005-01-02T09:23:00.000-08:00</published><updated>2005-01-08T23:52:57.630-08:00</updated><title type='text'>zéro défaut</title><content type='html'>Je me souviens que vers neuf ou dix ans, les dimanches où venaient des invités, ma mère me demandait de recopier le menu sur des cartons de couleur. Il me fallait convertir le trivial en devinette poétique, le vocabulaire épicier en fleurs de rhétorique, le terreux et le sanguinolent en signalétique digne des grandes toques.&lt;br /&gt;Le plaisir était au rendez-vous quand les convives approuvaient mes trouvailles par des hochements de satisfaction et que la lecture de mes cartons se tenait prête à réparer l’éventualité d’un plat brûlé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’adolescence, je découvris les plaisirs de la duplication. Il y eut l’odeur de la pierre humide, celle de l’alcool, celle de l’encre et des stencils de la ronéo Gestetner. Il y eut la peinture noire de l’extrême-droite Occident maculant nos affiches murales au pochoir en 68. Il y eut le carbone des machines à écrire Olivetti. Il y eut le puissant parfum de l’encre violette que je fabriquais chaque semaine dans ma classe avant de remettre à niveau les petits encriers de porcelaine blanche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, copie, photocopie, reproduction, reprographie, publication assistée par ordinateur, imprimantes, scanners, reconnaissance de caractères, traducteurs, éditeurs, publishers, magnétophones, magnétoscopes, camescopes numériques, graveurs, duplicopieurs préparent l’arrivée des cloneurs de demain, quand nous serons enfin face à nous-mêmes. Alors, il n’y aura plus aucun conflit, plus de plagiat, je serai indéfiniment égal à moi-même, un réplicant lisse, équanime, conforme, reproductible, prévisible, interchangeable avec moi-même, fiable, garanti à vie, numéroté, complet, total, définitif, accompli, achevé. Ce jour-là, on m’aimera enfin. Je serai parfait.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110468677764779707?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110468677764779707/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110468677764779707' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110468677764779707'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110468677764779707'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2005/01/zro-dfaut.html' title='zéro défaut'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110452210409256396</id><published>2004-12-31T11:41:00.000-08:00</published><updated>2005-11-24T19:18:31.073-08:00</updated><title type='text'>le goût de la lettre C</title><content type='html'>A la place d’une petite madeleine trempée dans du thé, j’ai connu le &lt;em&gt;canard&lt;/em&gt;. Chaque jeudi (le mercredi d’aujourd’hui), à la fin du repas offert par ma marraine, on m’offrait un sucre trempé dans du &lt;em&gt;café&lt;/em&gt;. Je sentais que le &lt;em&gt;canard&lt;/em&gt; était un grand moment. Signe de respectabilité, accès à un privilège d’adulte, mais aussi arôme venu de la torréfaction située rue des Halles, laquelle existe toujours à Tours.&lt;br /&gt;Pourquoi d’autres goûts viennent de la lettre C, je ne saurais dire pourquoi. Le samedi, mon grand-père chargeait son « Aronde » de mille denrées alimentaires ou non avant de rentrer dans son hameau de « Mareuil ». Parmi celles-ci, il y avait les brioches achetées elles aussi dans une boutique qui existe toujours place de la gare, la présure pour faire de la &lt;em&gt;caillebotte&lt;/em&gt; (tradition charentaise), des &lt;em&gt;cacahuètes&lt;/em&gt; achetées à Pépino le célèbre nain posté devant la gare, et du &lt;em&gt;cake&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Certains mangent les Petits Lu en commençant par les &lt;em&gt;c&lt;/em&gt;oins, parce qu’ils sont plus &lt;em&gt;c&lt;/em&gt;uits, ou parce que ce sont les &lt;em&gt;c&lt;/em&gt;oins. J’étais de ceux qui savent patienter. Un jour, après avoir avalé la partie farinée de ma part de &lt;em&gt;cake&lt;/em&gt;, je suçai avec soin le meilleur, les fruits (cerises, é&lt;em&gt;c&lt;/em&gt;orces &lt;em&gt;c&lt;/em&gt;onfites, raisins de &lt;em&gt;C&lt;/em&gt;orinthe), et les disposai religieusement au bord de mon assiette. Au moment béni où l’absorption retardée de ceux-ci allait produire l’extase de mes papilles, ma grand-mère, croyant bien faire, prit mon assiette et jeta, ô névrose, les précieux fruits dans le caniveau.&lt;br /&gt;Comme le &lt;em&gt;canard&lt;/em&gt;, le mijet consiste à humidifier. De l’eau, du vin, du sucre, des petits morceaux de pain, c’est du mijet, la soupe d’été. Au-dessus de la table dressée en plein air le soir, hannetons et chauve-souris. La grand-mère paternelle de Mareuil était &lt;em&gt;caillebotte&lt;/em&gt; et petits suisses (présentation inchangée cinquante ans après), ma mère était lait de ferme. Un week-end chez les grands-parents maternels dans le Loir-et-Cher se terminait invariablement par la traite chez le fermier Baro (prononcé Bario). On ramenait une laitière pleine de lait &lt;em&gt;c&lt;/em&gt;rémeux et un sac de blé « pour les poules » de ma marraine. C’était des poules citadines, donc difficiles. Elles avaient même droit à des coquilles d’huîtres pilées. Les œufs qu’elles pondaient auraient mérité d’entrer dans la composition d’omelettes faites par Balzac mais on les mangeait le plus souvent &lt;em&gt;à la coque&lt;/em&gt; avec des mouillettes.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110452210409256396?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110452210409256396/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110452210409256396' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110452210409256396'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110452210409256396'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/12/le-got-de-la-lettre-c.html' title='le goût de la lettre C'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110430743925138068</id><published>2004-12-29T01:02:00.000-08:00</published><updated>2004-12-29T00:03:59.253-08:00</updated><title type='text'>la terre a tourné</title><content type='html'>et voilà la terre a tourné&lt;br /&gt;découvrant de nouveaux espaces à parcourir&lt;br /&gt;ce sont des lignes droites à creuser sans discontinuer des apories à contourner&lt;br /&gt;ce sont des mots à semer pas à pas&lt;br /&gt;le mot à mot dans les côtes qu’on épelle&lt;br /&gt;au bout de la ligne parfois le soc du porte-plume rencontre un fruit&lt;br /&gt;à croquer&lt;br /&gt;sous les oiseaux géomètres&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110430743925138068?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110430743925138068/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110430743925138068' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110430743925138068'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110430743925138068'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/12/la-terre-tourn.html' title='la terre a tourné'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110415820224651143</id><published>2004-12-27T06:34:00.000-08:00</published><updated>2004-12-27T06:36:42.246-08:00</updated><title type='text'>adverbialement</title><content type='html'>Longtemps je me suis couché de bonne heure.&lt;br /&gt;Autrefois je me levais tôt.&lt;br /&gt;De temps en temps je me laisse aller.&lt;br /&gt;Jamet est la station de tramway avant Bellevue.&lt;br /&gt;Toujours ne rime pas souvent avec Amour.&lt;br /&gt;Vite il ne va plus en rester.&lt;br /&gt;Tout à coup l'orage éclate, les chiens aboient et la caravane passe.&lt;br /&gt;Bientôt le niveau aura encore monté et il faudra se réfugier en haut du Mont-Blanc.&lt;br /&gt;Demain il fera jour.&lt;br /&gt;Hier c'était demain.&lt;br /&gt;Lentement mastique la vache folle dans son pré.&lt;br /&gt;Patiemment les intellectuels jouent avec des allumettes.&lt;br /&gt;Souvent femme varie.&lt;br /&gt;De temps en temps Moumoute rapporte une souris.&lt;br /&gt;Méticuleusement merveilleusement méthodiquement mets ton bonnet.&lt;br /&gt;Précipitamment préventivement précautionneusement M. Dupré avance dans le pré.&lt;br /&gt;Soigneusement il peigne la girafe.&lt;br /&gt;Narquoisement il lui tend un miroir.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110415820224651143?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110415820224651143/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110415820224651143' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110415820224651143'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110415820224651143'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/12/adverbialement.html' title='adverbialement'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110398741238297686</id><published>2004-12-25T07:08:00.000-08:00</published><updated>2005-01-03T16:17:47.236-08:00</updated><title type='text'>l’homme de l’album</title><content type='html'>Aujourd’hui, Jeanne a décidé de pousser jusqu’à Paimbeuf. Peu de vent, des senteurs printanières, des insectes qui bruissent, tout invite à la balade. Jeanne aime les escapades dans ce Sud-Loire dont chaque dimanche, elle fait revivre un peu plus le passé en imagination. Sur le porte-bagage, seulement un K-way et un pull.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, destination Paimbeuf. C’est là que vers 1840, le petit Jules Verne, âgé de onze ans, fut rattrapé par son père, alors qu’ayant acheté l’engagement d’un mousse, il s’était secrètement embarqué sur un voilier en partance pour les Indes.&lt;br /&gt;Tulipes, camélias et lilas font des taches réjouissantes dans les jardins. Avant Frossay, il s’agit de ne pas se perdre entre les canaux et les étiers. Lever trop longtemps le nez pour apercevoir les hérons, les cormorans mais aussi les ULM, ce serait prendre le risque d’aller s’étaler dans la boue d’une douve où coassent d’innombrables crapauds.&lt;br /&gt;Et voilà le port de Paimbeuf. Un voilier est là. Jeanne s’arrête et rêve longuement. Bien sûr il n’a que deux couchettes, mais il donne envie de partir, peut-être de ne jamais revenir. Jeanne remonte sur sa bicyclette : à quoi bon se faire du mal ?&lt;br /&gt;Mais non, elle ne repart pas immédiatement, un objet jonche le sol, juste devant : un album photo. La jeune fille le ramasse. A qui peut-il être ? Jeanne tourne les pages. Le visage d’un homme revient sur plusieurs photos. Personne sur le quai. Que faire ? Des oiseaux pris au téléobjectif, un chien, un chat, deux enfants qui jouent, et ce même homme de profil cette fois au bord d’une falaise. Que ferait Hercule Poirot avec si peu d’indices ?&lt;br /&gt;Brusquement, un homme sort de la cabine et commence à larguer les amarres. C’est lui ! C’est l’homme de la photo ! Jeanne parviendra-t-elle à attirer son attention ? C’est peu probable avec le bruit du moteur qu’il a mis en route. Trop tard, le voilier commence à s’éloigner. Retarde-t-on le départ d’un inconnu dans ces conditions ?&lt;br /&gt;Jeanne est retournée, contrariée. Elle marche à côté de sa bicyclette et les rares personnes qu’elles croisent ne peuvent lui dire où se rend la grande aile du bateau qui là-bas s’éloigne. Elle n’a pas le choix. L’album est glissé dans la sacoche. Qui sait ? Le monde est petit. Pourquoi ne recroiserait-elle pas un jour ce voyageur ? Ne viennent-ils pas de prendre l’un et l’autre la direction de Nantes, lui par voie fluviale, elle en longeant le canal de la Martinière ? Et les hérons qui tournoient au-dessus de la réserve du Massereau, ne les aperçoivent-ils pas l’un et l’autre d’un seul regard, qui fuient les rougeurs du couchant ?&lt;br /&gt;Le dimanche suivant, Jeanne retourne vers « la machinerie », un bâtiment abritant la machine à vapeur qui manœuvrait les portes d’une écluse, un lieu magique qui vit défiler chaque jour vapeurs, chalands, gabares, toues, trois-mâts et cap-horniers pendant une vingtaine d’années juste avant la Grande Guerre. Les arbres fruitiers jettent de la neige blanche ou rose sur la route. Les oiseaux là-bas l’appellent. Au Massereau, colverts, pilets, sarcelles d’été, échasses, élégantes avocettes, barges à queue noire, chevaliers gambettes aux pattes rouges piaillent jusqu’à ce que Jeanne les salue. Dans l’intérieur des terres, les lieux-dits parlent à voix haute : « les carrières », « la masure », « Beaumont », « la taillée », « la Noé », « les essarts », « les prés brûlés », « la rochette », « l’oisilière », « la cailletais », « le pigeonnier », « le moulin du bourg », « le moulin de l’île ». L’air devient plus frais, Jeanne rebrousse chemin.&lt;br /&gt;A Buzay : stupéfaction !! C’est lui ! Si ! C’est lui ! Ça alors ! Et son bateau est là aussi, au bord de l’Acheneau, cette rivière qui, avec le Tenu, fait communiquer le lac de Grand-Lieu avec la Loire. Jeanne voit l’homme de l’album derrière la grille d’une maison : la sienne, sans aucun doute. Que faire ? « Monsieur ! Figurez-vous que j’ai ramassé un album-photo tombé par terre, je l’ai ouvert, j’ai observé les traits d’un homme qui revient sur plusieurs clichés, et hihi, figurez-vous que je passais par ici tout à fait par hasard, et hihi, je vous ai reconnu ! est-ce drôle n’est-ce pas ? » Voilà qui est impossible à dire. Même pour la bonne cause, la petite voix moralisante de la conscience s’y refuse. Que penserait cet homme ? Non, Jeanne ne peut pas. Pourtant, à côté de lui, ces enfants qui gazouillent, ce sont les mêmes que sur les photos, aucun doute. Et là-bas : le même chien et le même chat.&lt;br /&gt;Jeanne reprend la route sans tarder. Pourquoi a-t-elle laissé l’album de la croisière chez elle ? Quelle idiote !&lt;br /&gt;Ainsi, il habite Buzay. Une autre liste de toponymes arrive à l’esprit : « Le Pellerin », « la moinerie », « les chapelles ». Buzay, c’est d’abord cette haute tour creuse, vestige d’une importante abbaye cistercienne, repère pour les navigateurs venus de l’océan.&lt;br /&gt;Jeanne est rentrée chez sa marraine et ressasse. Il habite sur sa route préférée. Elle le verra souvent. Elle saura tout de lui.&lt;br /&gt;Le dimanche suivant, à l’aller, le bateau n’est pas là. Au retour, elle le voit (Ah, comme il ressemble à sa photo !) transportant des sacs de sel : il est allé à Guérande !&lt;br /&gt;Une semaine plus tard, Jeanne voit enfin le visage de madame. Il a suffi à Jeannette de décider innocemment de casse-croûter sur le muret près de la maison. Il n’est plus du tout question de restituer l’objet du délit. D’ailleurs il n’y a pas eu vol. On ne peut non plus parler de recel. Comment diable Jeanne pourrait-elle savoir qui est le propriétaire ? Rendre, ce serait avouer qu’on a scruté les traits du visage, attendu, guetté, épié, filé. Peut-être est-elle amoureuse de l’homme ? Elle ne sait pas. Peut-on être amoureux de quelqu’un avec qui on n’a jamais parlé ?&lt;br /&gt;Plusieurs dimanches s’épuisent à compléter l’enquête sur l’homme de l’album (aucun nom sur la boite aux lettres). Les jours s’allongent et Jeanne rentre de plus en plus tard. Le jour de la Saint-Jean, alors qu’elle s’apprêtait à enfourcher sa bicyclette pour rentrer à Nantes, l’homme de l’album sort de chez lui et marche rapidement vers la tour de Buzay. Jeanne aime les buses, les busards des roseaux , et par-dessus tout, la tour de Buzay, noir essaim ! Ah ! que ne pouvez-vous contempler aussi souvent qu’elle l’oiseau de proie ! Oui, le corbeau, le faucon pélerin, le milan noir, tous ces rapaces qui croassent et qui dépècent la chair morte ! tous ces chronomètres, tous ces calendriers ! Ces oiseaux funèbres, ces charognards qui tournent inlassablement autour de la tour de Buzay nous rafraîchissent la mémoire, nous aident à recompter tous ces aïeuls et ancêtres qui jadis moururent pour nous sur le champ, nous rappellent au temps qui passe, avec son bruit de ferraille.&lt;br /&gt;La nuit tombe doucement sur le canal de La Martinière et ses gargouillements. C’est l’heure des crapauds et des hiboux. L’homme de l’album entre dans la tour . Jeanne le suit. Elle sait tout de lui à présent. Il a emporté un Fuji muni d’un zoom 38-120. Il s’appelle Robert (elle a entendu sa femme l’appeler). Il est passionné d’ornithologie. Où va-t-il ?&lt;br /&gt;Dans la tour, il fait très sombre. Les bruits de pas, les déclics de l’appareil et les éclairs du flash sont faciles à interpréter : Robert prend des clichés de rapaces nocturnes (chouettes effrayes, chevêches, hibous moyen-ducs ?).&lt;br /&gt;Tout d’un coup, un terrible craquement. Affreux. Tour à tour : un coup sourd, un deuxième, un cri, un hurlement. Le Fuji vient de tomber à côté de Jeanne, puis ce sont des morceaux poutres vermoulues, un coup de cloche dont le son clair résonne longuement, enfin le corps de Robert qui s’affale lourdement à quelques mètres. Jeanne recule de quelques pas. Doit-elle secourir un homme qui vient de chuter de plus de dix mètres, un homme dont elle possède un nombre appréciable de photographies ? Que faisaient-ils, tous les deux, à cette heure de la nuit en ces lieux ?&lt;br /&gt;Là-haut hulule lugubrement une hulotte.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110398741238297686?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110398741238297686/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110398741238297686' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110398741238297686'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110398741238297686'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/12/lhomme-de-lalbum.html' title='l’homme de l’album'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110337090480763991</id><published>2004-12-18T03:54:00.000-08:00</published><updated>2005-01-03T16:16:45.790-08:00</updated><title type='text'>comment savoir</title><content type='html'>comment savoir ce qui s’est passé pourquoi ça a coupé si c’est elle qui a coupé pourquoi elle a coupé comment savoir si c’est ce que je lui ai dit qui l’a conduit à couper ou si c’est sa batterie qui a lâché si elle a vu passer à ce moment-là dans la rue cet homme dont elle me parle de plus en plus souvent ou si le train dans lequel elle est vient d’entrer dans un tunnel comment savoir si j’ai eu tort de lui dire que je n’étais pas sûr de mes sentiments ou si j’ai eu raison comment dans ces cas-là trouver le juste milieu entre l’attente au point de ne jamais rien faire et l’activisme pour voir après ce que ça a donné le juste milieu entre mon désir d’elle et mon désir des autres son désir de moi et son désir des autres comment savoir le partage entre tromper sans savoir et sans faire exprès et croire tromper tout en ne trompant pas comment savoir si elle va rappeler même si je ne la rappelle pas et comment savoir si elle préfère que je ne la rappelle pas ou si je préfère qu’elle me rappelle comment savoir comment reprendre la conversation là où elle en était comment savoir s’il faut lui dire que la communication a coupé au moment où je voulais lui couper la parole car elle me prêtait des propos que je n’avais pas tenus ou s’il faut lui laisser croire que c’est moi qui ai volontairement coupé la communication pour manifester ma désapprobation comment savoir si elle trouvera un moyen de me joindre avant la fin du forfait de ce portable volé que je jetterai dans les jours qui viennent ou si c’est à moi de trouver une solution pour la recontacter avant qu’elle ne se persuade que je suis revenu sur ma décision de continuer à vivre comment savoir si elle a pris au sérieux ma tentative de suicide la semaine dernière ou si c’est elle qui va me faire savoir qu’elle veut en finir en se jetant du train du fait que je ne donne plus signe de vie comment savoir si son silence ne signifie pas plutôt qu’elle me trompe avec cet homme et que c’est à moi de comprendre qu’elle m’a jeté comment savoir si elle n’est pas déjà descendue à la gare suivante tout à l’heure pour le rejoindre ou si elle ne s’est pas fait voler son portable quand ça a coupé et alors là je peux attendre longtemps son appel comment savoir&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110337090480763991?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110337090480763991/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110337090480763991' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110337090480763991'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110337090480763991'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/12/comment-savoir.html' title='comment savoir'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110337055052404686</id><published>2004-12-18T03:48:00.000-08:00</published><updated>2005-11-24T18:36:03.140-08:00</updated><title type='text'>1 - 8 - 1</title><content type='html'>farine&lt;br /&gt;eau sel&lt;br /&gt;allumer le four&lt;br /&gt;pétrir avec la levure&lt;br /&gt;y glisser un anneau doré&lt;br /&gt;laisser reposer le pâton enfourner attendre&lt;br /&gt;se regarder dans le miroir grimacer grimer&lt;br /&gt;passer petites annonces pour trouver l’âme sœur&lt;br /&gt;sortir du four laisser refroidir allumer bougies&lt;br /&gt;mettre une cerise sur le gâteau&lt;br /&gt;couper en parts servir offrir&lt;br /&gt;voir le soleil fixement&lt;br /&gt;sécher les pleurs&lt;br /&gt;glisser anneau&lt;br /&gt;couronner&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;creuser&lt;br /&gt;planter arroser&lt;br /&gt;attendre la chaleur&lt;br /&gt;laisser passer les années&lt;br /&gt;tailler traiter étayer l’arbre&lt;br /&gt;l’arroser encore recueillir les fruits&lt;br /&gt;grimper en haut quand il fait beau&lt;br /&gt;profiter de l’ombre ramasser les feuilles mortes&lt;br /&gt;grelotter avec lui quand le vent hurle&lt;br /&gt;écouter les oiseaux qui y chantent&lt;br /&gt;abattre l’arbre mort pleurer&lt;br /&gt;le débiter en planches&lt;br /&gt;faire un cercueil&lt;br /&gt;se coucher&lt;br /&gt;mourir&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110337055052404686?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110337055052404686/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110337055052404686' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110337055052404686'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110337055052404686'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/12/1-8-1.html' title='1 - 8 - 1'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110285348586093289</id><published>2004-12-12T04:10:00.000-08:00</published><updated>2004-12-12T04:11:25.860-08:00</updated><title type='text'>littérature</title><content type='html'>Maniaque de la rature&lt;br /&gt;Phobique de la page blanche&lt;br /&gt;Drogué au feutre&lt;br /&gt;Griffouilleur&lt;br /&gt;Grabouilleur&lt;br /&gt;Menteur professionnel&lt;br /&gt;Fabricant de synonymes&lt;br /&gt;Souilleur de cellulose&lt;br /&gt;Arracheur de plumes&lt;br /&gt;Déforestateur&lt;br /&gt;Consommateur de composteurs&lt;br /&gt;Tenancier de débit de caractères&lt;br /&gt;Séide des polices et des casses&lt;br /&gt;Tueur de calmars&lt;br /&gt;Faussaire&lt;br /&gt;Intoxiqué du burin&lt;br /&gt;Meurtrier des choses&lt;br /&gt;Toréador&lt;br /&gt;Ecrivain&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110285348586093289?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110285348586093289/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110285348586093289' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110285348586093289'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110285348586093289'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/12/littrature.html' title='littérature'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110285338069426823</id><published>2004-12-12T04:06:00.000-08:00</published><updated>2005-11-20T23:48:01.710-08:00</updated><title type='text'>les atours de Madame</title><content type='html'>J’ai chez moi, chose inexplicable, un tableau dont personne ne parle jamais. De grands losanges noirs, blancs, orangés, bruns, frangés, avec des bords effilochés, des bulles, des fils : &lt;em&gt;Les atours de Madame&lt;/em&gt;. Il ne s’intitule pas &lt;em&gt;Madame change de toilette&lt;/em&gt;. Non. Ce n’est pas non plus &lt;em&gt;Madame a grossi&lt;/em&gt;. Non, ce sont &lt;em&gt;Les atours de Madame&lt;/em&gt;. Pas de mention de son nom. Qui a porté ces morceaux de tissu ondulés ? Il ne peut s’agir de la jupe d’une fillette. On croit deviner une série d’œillets : qui sait, peut-être ceux d’un corset ? Et puis, ce n’est pas &lt;em&gt;La dame&lt;/em&gt;, c’est &lt;em&gt;Madame&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;Madame&lt;/em&gt;, ça la rend unique, c’est pas comme &lt;em&gt;Madame Lemercier&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;Madame Lemercier&lt;/em&gt; a une toilette. Elle porte des robes. &lt;em&gt;Madame&lt;/em&gt; a des &lt;em&gt;atours&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Ce n’est pas une large brosse avec ses tressautements qui a su dire le feuilleté du corsage, les plis du satin, le marouflé des sous-vêtements, en haut, à gauche, dans l’ombre. Ce sont le corsage, le satin, les sous-vêtements eux-mêmes. Je les dévore. Etalés. Offerts. Prometteurs. Assez de nus ! Victorine Meurent, combien de clients post-mortem elle a eus à Orsay ! J’ai une Madame. Son intimité. Ses dessous. Pour moi seul&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai changé le tableau de pièce. Pour la lumière. On voit mieux les détails. On se rend mieux compte des volumes et on se représente bien les formes et les courbes qui ont rempli les atours. On sent que Madame a eu besoin de les quitter. Ou qu’on les lui a enlevés. Est-elle morte ? Non, ce n’est pas possible. Peut-être la rencontrerai-je un jour ? Peut-être même m’attend-elle ? Sinon, pourquoi aurais-je ses atours chez moi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis allé hier chez Sonia, une amie qui fait de la peinture à ses moments perdus. Du non-figuratif. D’abord, Eva, sa fille de neuf ans, m’a emmené dans l’atelier et m’a fait découvrir les dernières toiles de sa maman. Elle donne un titre à chacune : &lt;em&gt;Bouquet de roses, Les chatons endormis, Le gâteau à la crème&lt;/em&gt;. De retour au salon, Sonia me parle de son passe-temps : «Un jour, je m’apprêtais à jeter une croûte. Une fois de plus. Eva n’a pas voulu. La bichette a dit : « Non, celle-là, ce sont &lt;em&gt;Les atours de Madame&lt;/em&gt; ». Alors je ne l’ai pas jetée. Je crois bien que c’est à Agnès que je l’ai donnée. Tiens, à propos d’Agnès, tu l’as revue depuis votre rupture ? Moi, ça fait longtemps. »&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110285338069426823?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110285338069426823/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110285338069426823' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110285338069426823'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110285338069426823'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/12/les-atours-de-madame.html' title='les atours de Madame'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110258862906763086</id><published>2004-12-09T02:32:00.000-08:00</published><updated>2004-12-09T14:46:59.473-08:00</updated><title type='text'>inventaires futiles</title><content type='html'>MOTS DES FINS DE PARCOURS :&lt;br /&gt;Aïeul, ancien, personne âgée, troisième âge, quatrième âge, ancêtre, vieux, vieux beau, vieillard, croulant, has been, plus coté à l’argus, antiquité, sénile, géronte, décrépit, impotent, gâteux, sénescent, son et lumière&lt;br /&gt;MOTS DE LA MUSELIERE OUBLIEE :&lt;br /&gt;Coléreux, médisant, hostile, teigneux, vindicatif, belliqueux, hargneux, agressif, méchant, cruel, sadique, malveillant, fielleux, venimeux, haineux&lt;br /&gt;ENVOLEES DE MOTS :&lt;br /&gt;Discours, péroraison, période, compliment, toast, logorrhée, bavardage, jactance, tchatche, parlotte, braillement, harangue, boniment, interjections, borborygmes, cris, barbarismes, glapissements, aboiements, jappements&lt;br /&gt;TUNIQUES ET TUTUS DES MOTS :&lt;br /&gt;Gazouillis, gazouillement, chuchotis, chuchotement, susurrement, bredouillis, jasement, murmure, mots, syllabes, phonèmes, sons, vocalises, air, souffle, caresse, vent, brise, zéphyr&lt;br /&gt;LISTING DES MIGRATIONS&lt;br /&gt;cirrus, altostratus, cumulo-nimbus, brouillard, brume, buée, nuée, nue, nuage, fumée, vapeur, mouton, ouate, couette, édredon en plume d’oies sauvages&lt;br /&gt;LISTE DE L’OPPOSITION :&lt;br /&gt;a/ Juxtaposition : Moumoute n’avait jamais bu de lait, à présent elle en boit sans cesse.&lt;br /&gt;b/ Coordination : Avant, Moumoute n’aimait pas le lait, mais maintenant elle l’aime.&lt;br /&gt;c/ Condition : Si Moumoute n’a pas son lait, elle le réclame en griffant.&lt;br /&gt;d/ Aspect inchoatif : Brusquement, Moumoute s’est mise à aimer le lait.&lt;br /&gt;e/ Prédiction démentie par les faits : Qui eût dit qu’un jour Moumoute aimerait le lait ?&lt;br /&gt;f/ Subordonnée relative : Personne ne comprend pourquoi Moumoute, qui déteste le lait, en réclame quand même depuis une semaine.&lt;br /&gt;g/ Adverbe : Moumoute n’aime pas le lait, pourtant elle en demande.&lt;br /&gt;LISTE DE LA MAJORITE&lt;br /&gt;a/ La nuit, tous les chats sont gris&lt;br /&gt;b/ " La raison du plus fort est toujours la meilleure "&lt;br /&gt;c/ Dans la plupart des pays, pour voter, conduire et se marier sans autorisation parentale, il faut être majeur.&lt;br /&gt;d/ Le plus souvent, je me trompe.&lt;br /&gt;e/ Presque tous les hommes préfèrent les blondes.&lt;br /&gt;f/ Sur l’ensemble des oies, le plus grand nombre migrent.&lt;br /&gt;g/ Dans la majorité des cas, on préfère les jeunes gentils qui savent peser leurs mots.&lt;br /&gt;CHOSES QUI REJOUISSENT :&lt;br /&gt;Les bourgeons, les boutons, les pousses, les soins au rosier, le chant des oiseaux, le suicide d’Hitler, une bouteille de Château de Grissac vieilli en fûts de chêne, l’arrivée au refuge&lt;br /&gt;CHOSES QUI PEINENT :&lt;br /&gt;Le suicide de Stefan Zweig, les erreurs judiciaires, la fin d’une bougie, le naufrage de l’Erika, les destructions des chasseurs, le commerce des armes&lt;br /&gt;LISTE DU LISTAGE&lt;br /&gt;Accumulation, addition, anthologie, bégaiement, collection, compilation, concaténation, cortège, déclinaison, énumération, inventaire (sous bénéfice d’), répétition, série, somme, suite, succession&lt;br /&gt;LISTE DES LISTES :&lt;br /&gt;Il y a les listes de commissions : pain, lait, de Grissac, sel, croquettes, coton hydrophile, bougies, cassettes vidéo&lt;br /&gt;Il y a les listes de mariage&lt;br /&gt;Il y a les listes de candidats éligibles et les listes de faux électeurs&lt;br /&gt;Il y a la liste des choses qui fâchent&lt;br /&gt;Il y a la liste de Schindler&lt;br /&gt;Il y a la liste de ceux qui sont peut-être surveillés par la police, leur portable, des caméras-vidéos, des satellites, le fisc, leur banquier, leur ex, des micros, des cookies, des puces, des scanners, leur chef et leur concierge&lt;br /&gt;Il y a la liste de tous ceux qui sont morts depuis le premier homme&lt;br /&gt;Il y a la liste de tous ceux qui mourront après moi jusqu’au dernier&lt;br /&gt;Il y a la liste de tous ceux qui n’ont pas voulu ou pas pu s’inscrire sur la liste&lt;br /&gt;Il y a les registres d’Etat-civil&lt;br /&gt;Il y a moi et parfois je l’oublie&lt;br /&gt;Il y a la liste des jours sans et celle des jours avec&lt;br /&gt;Il y a l'esprit de la liste&lt;br /&gt;Il y a la liste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110258862906763086?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110258862906763086/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110258862906763086' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110258862906763086'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110258862906763086'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/12/inventaires-futiles.html' title='inventaires futiles'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110140786894726385</id><published>2004-11-25T10:36:00.000-08:00</published><updated>2005-11-16T21:21:07.603-08:00</updated><title type='text'>la fille grise</title><content type='html'>C’est une fille grise, rétive, lisse. Pourtant cette photo de Doisneau en noir et blanc, de deux petites filles devant un mur est émouvante. Elle inspire. Les autres élèves, émus, font courir leur stylo et le silence s’est installé. Mais elle …&lt;br /&gt;Elle regarde par la fenêtre. C’est toujours la même chose. J’attends et puis je sens bien que ce n’est pas de ce ciel gris compressé de 17h passées, de cette pénombre d’hiver que va jaillir la lumière. Que se dit-elle ? Que de l’écriture obligatoire découlera une note obligatoire, que si l’on ne parvient pas à deviner ce que le prof voulait, on est condamné. Condamné aux travaux forcés à perpétuité. Elle doit guetter la sortie de son copain, c’est ça, elle est amoureuse. C’est pendant l’hiver que ça leur arrive aux secondes, et de sa place, depuis cette salle au premier étage, on voit très bien le portail d’entrée.&lt;br /&gt;Je me décide, je vais la voir.&lt;br /&gt;« Alors ?&lt;br /&gt;-- Je sais pas quoi mettre.&lt;br /&gt;-- Je vois bien. Mais ces petites filles tout de même…&lt;br /&gt;-- Elles sont devant un mur.&lt;br /&gt;-- Oui.&lt;br /&gt;-- Moi aussi.&lt;br /&gt;-- Ah.&lt;br /&gt;-- Mettez-moi une mauvaise note monsieur.&lt;br /&gt;-- Bon, on va écrire ce qui se passe en ce moment. &lt;em&gt;Le prof a demandé aux élèves d’écrire. Les élèves écrivent. Je n’y arrive pas. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Ça y est, elle accepte, sans doute en faisant semblant, pour me faire plaisir. Heureusement, car ça fait déjà une demi-heure et elle n’a rien écrit. Il me faut une note aujourd’hui pour la moyenne trimestrielle.&lt;br /&gt;C’est le moment que choisit un cycliste pour passer dans la rue, devant le lycée. Elle écrit : &lt;em&gt;Un bonhomme passe en vélo.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;J’attends.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il est 17h35.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Le bip-bip d’un portable se fait entendre. Elle note : &lt;em&gt;Le prof va prendre le portable d’un élève.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Je la laisse. Ça gratte, ça rature, pas de problème pour les autres apparemment. Je souligne ce qui est confus par-ci, par-là et, après avoir jeté un coup d’œil sur le travail de chacun, je reviens vers la fille grise qui va dans le mur.&lt;br /&gt;Par-dessus son épaule, je lis : &lt;em&gt;Le bonhomme repasse sur son vélo&lt;/em&gt;. Et effectivement, je le vois là-bas, le cycliste qui s’éloigne. Alors, je passe directement à la proposition de réécriture et je lui chuchote : « On réécrit tout maintenant à la 3è personne et on fera vivre ce personnage ».&lt;br /&gt;Elle a compris. &lt;em&gt;Le prof a demandé aux élèves d’écrire. Les élèves écrivent. Elle n’y arrive pas. Un bonhomme passe. Il est 17h35. Le prof va prendre le portable d’un élève. Le bonhomme repasse sur son vélo. Le prof revient lui dire qu’il faut tout réécrire à la 3è personne. Il est 17h43. Le cycliste revient, il se rapproche, on dirait qu’il tripe car il zigzague. On entend une mobylette.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Le cycliste va passer derrière le lycée, on ne le verra bientôt plus. Mais on entend aussitôt des crissements de frein, un choc sourd, un cri, et là-bas, sur la chaussée, il est inerte allongé à côté de lui sa bicyclette que s’est-il passé il ne se relève pas&lt;br /&gt;La fille grise, à présent, note tout, jette un coup d’œil, écrit, jette un coup d’œil, écrit. &lt;em&gt;Le bonhomme est tombé. Elle sait que c’est son père. Il venait pour elle et elle ne voulait pas. Il est 17h50. La sirène des pompiers a fait sortir le proviseur et des élèves. Elle voit que son père est mis sur une civière. La sonnerie du lycée retentit. Les élèves rangent leurs affaires, le prof ramasse les copies. Dehors la police parle avec le proviseur, emporte le vélo. Elle ne veut pas sortir. Le prof attend sa copie. La nuit est tombée. Elle est bien.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;« J’ai pas fini monsieur ».&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110140786894726385?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110140786894726385/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110140786894726385' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110140786894726385'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110140786894726385'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/11/la-fille-grise.html' title='la fille grise'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110106193158974183</id><published>2004-11-21T10:31:00.000-08:00</published><updated>2004-11-21T12:58:29.106-08:00</updated><title type='text'>la vie friable</title><content type='html'>Un appétit d’oiseau&lt;br /&gt;« Je leur donne une noix par jour. Concassée. En trois fois. Si je leur donnais toute la noix dès le matin, elles auraient tout mangé avant midi. Elles vont vite porter la nourriture à leurs petits dans le nid. Elles font le va-et-vient. Ce sont des charbonnières. Les mésanges bleues sont dans l’autre nichoir. » Elle éclate de rire et montre les chicots qui lui restent à 76 ans.&lt;br /&gt;A midi, elle sert son mari, touche à peine aux plats. « Une feuille de salade, une tranche de pain, une pomme, ça me suffit. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien ne se perd&lt;br /&gt;Dans ses confitures, elle glisse l’amande d’un noyau et des poudres (cannelle, clous de girofle ou gousse de vanille pilés, écorces d’orange grattées, séchées et broyées). En guise de couvercle, un carré de cellophane et un élastique. L’étiquette est la bordure blanche d’une rangée de timbres postaux.&lt;br /&gt;Chaque jour, la camionnette Peugeot s’arrête tous les cent mètres et klaxonne longuement à chaque fois. C’est vers 12h 45. Pour l’entendre, il faut baisser la radio (« L’homme des vœux Bartissol » ou « La Chose »). Rater le laitier serait une catastrophe. La petite sœur n’aurait pas son fromage blanc, la famille son Sainte-Maure (embroché sur une paille), et elle, la crème du lait qu’elle utilise pour ses gâteaux.&lt;br /&gt;Au grenier, elle stocke de vieux matelas. Elle accuse un de ses fils d’en avoir pris un. Des années plus tard, le matelas de laine disparu se retrouve. Mangé par les mites.&lt;br /&gt;Elle ne mange que des fruits qui sont passés par une file d’attente, dont elle a retiré la partie pourrie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus que parfait&lt;br /&gt;Sur cette photo, elle a l’air grave que je lui ai toujours connu. Douze ans et demi. L’année du Certificat d’études. Ce sarrau gris d’écolière, c’est peut-être la dernière fois qu’elle le porte puisque ses études se sont arrêtées avec ce certificat. Le père en déportation, il fallait élever les petits frères et sœurs. Lorsque j’étais en CM2, j’ai appris le plus-que-parfait du subjonctif grâce à elle et à son petit livre de grammaire de 1932 qu’elle avait pieusement conservé. Toujours prête à le ressortir pour que ses enfants sachent leurs conjugaisons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les lessiveuses&lt;br /&gt;Chaque semaine, les lessiveuses sont alignées. Elles vont de l’eau la plus savonneuse à la plus claire. Sur la planche des draps en bouchon, des chemises mousseuses attendent d’être frottés au savon de Marseille, pressés, battus. Dans l’eau blanche du premier baquet, son œil infaillible traque la tache rebelle. D’essorage en essorage, le vêtement ou le sous-vêtement retrouve son innocence, gagne en pureté, reconquiert candeur et dignité.&lt;br /&gt;Mais la guerre fait rage sur le jour de la cérémonie. La belle-mère a dit que le lundi porte malheur. On doit toujours faire sa lessive le mardi (quand on est une belle-fille bien élevée). Surtout avec un mari dont les combinaisons bleu pétrole sentent l’essence.&lt;br /&gt;Comme son père, comme son beau-père, son mari est mécano. La famille est un Meccano.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cendrillon&lt;br /&gt;A dix-sept ans, elle était vendeuse de chaussures. Elle a lu tous les numéros de Point de Vue-Images du Monde, elle connaît les intrigues princières des Cours d’Europe, elle sait par cœur les généalogies royales. Sa belle-mère était la Reine-Mère. J’étais le Prince. Confié à une Marraine. Elle cherche et trouve l’altruisme, l’abnégation, le sacrifice. Pour avoir sa conscience en règle, il est toujours possible de se contenter d’un coin de cuisine, d’une soupe de miettes. Pour mon père, elle est le Ministre des Finances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La chaîne et la trame&lt;br /&gt;Le tissu doit durer. La vieille Singer (mais je lui en ai connu une plus vieille encore, à pédales, quand je me déplaçais à quatre pattes), la Singer qu’il faut aider à partir d’un coup de main sur la courroie, lui sert encore. Ce sont des coupons qui deviennent jupes ou rideaux, des pantalons élimés qui feront encore de l’usage, une robe à rallonger la petite a grandi, un manteau à raccourcir le petit pourra le porter. Il faut longtemps chercher un bouton semblable, le coudre, repriser, ravauder, rapiécer, empiécer, stopper, recoudre, tricoter inlassablement comme une lutte contre ce que le Temps défait, contre les fêlures qui s’agrandissent. Contre ce qui s’émiette, contre la vie friable, il faut faire durer, il faut endurer.&lt;br /&gt;A ses Noces d’Or, elle portait sa robe de mariage. Comme un gant. Comme sur la photo. Rien n’était changé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110106193158974183?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110106193158974183/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110106193158974183' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110106193158974183'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110106193158974183'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/11/la-vie-friable.html' title='la vie friable'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110106108165471378</id><published>2004-11-21T10:11:00.000-08:00</published><updated>2005-01-03T16:22:40.783-08:00</updated><title type='text'>éclats et éclipses</title><content type='html'>Cuisinière&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cuisinière de mon enfance réunit assez bien les quatre éléments des Anciens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est vers 1960 que la TSF annonça un soir qu’un coup de grisou avait englouti un grand nombre de mineurs à l’est, en Belgique, à Marcinelles. Mes parents, en signe de solidarité, envoyèrent par la poste un paquet de hardes aux familles de ces ouvriers qui travaillent sous la terre. Je m’explique bien cette sentimentalité si je songe que sans charbon, la petite maison familiale se fût retrouvée sans chauffage et sans cuisine : chaleur et alimentation nous venaient de la terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le feu prenait parfois dans le conduit de la cheminée. Alors, ma mère éteignait les braises avec de l’eau, et on attendait que le grondement cesse dans le tuyau porté au rouge. Des flammes se mêlaient à la fumée qui s’envolait du toit vers l’azur hivernal et je n’ai jamais su si, dans ces moments-là, ma mère redoutait ou souhaitait l’arrivée du camion rouge des pompiers de la caserne sud, au-delà de la gare.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si la nuit on entendait les manœuvres des locos dans la gare de triage, on savait que le vent était au sud. Mais si le thermomètre avait encore baissé pendant la nuit, on savait qu’il était au nord. L’air piquait, même avec une cagoule. On ne partait pas à l’école sans avoir préalablement amélioré l’adhérence des souliers qui allaient affronter le verglas des trottoirs avec de la ficelle passée plusieurs fois sous la semelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le froid faisait craquer de lourds draps glacés suspendus dans la cour, et les colombes du cabanon picoraient au chaud sur la table entourée d’êtres humains. Elles buvaient dans les verres. Elles attendaient le dégel. La pluie pouvait revenir, la Loire restait prise et hérissée de glaçons enchevêtrés. L’insistance des rayons d’un soleil blafard finissait par avoir le dessus, et alors, le courant du fleuve encombré reprenait vers l’ouest, on allait jusqu’à la boulangerie dans de la soupe de glace fondante. La brûlure des doigts gourds et des pieds qui dégèlent : mon Islande perdue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grands-pères&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon grand-père paternel n’a jamais dit de gros mot. D’origine danoise, protestant, il restait d’un calme olympien au plus fort des tempêtes déclenchées par ma grand-mère. Lors de mon baptême dans une église catholique, on en fit mon parrain. Presque muet, il comprenait et lisait pourtant sept ou huit langues. Au lieu d’apparaître exemplaire, son flegme le desservit : ma grand-mère y vit la preuve d’une faiblesse, peut-être d’une insensibilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais lorsque par de chaudes soirées de juillet, la nuit tombée, il m’avait fait découvrir dans la lune le bonhomme qui y porte un fagot, lorsqu’il m’avait fait sautiller sur ses genoux à vitesse variable, au pas, au pas, au pas, au trot, au trot, au trot, au galop, au galop, au galop, je me savais prémuni par sa force tranquille contre les caprices imprévisibles de ma grand-mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais aujourd’hui qu’à New-York, vers 1910, avec son cheval Mike, à qui il pouvait demander tout ce qu’il voulait, il livrait du charbon l’hiver. L’été se passait pour lui à nettoyer les vitres des gratte-ciels. En 1917, il avait son CAP de mécano et savait assembler une Ford T.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon grand-père maternel quant à lui, a juré plus souvent que le plus mal élevé de tous les charretiers. D’une ladrerie légendaire, il allait jusqu’à récupérer l’étain et l’aluminium des capsules de bouteilles. Il écrasait les innombrables mouches qui se posaient sur la table d’un coup sec de son journal savamment plié et taché du sang de ces insectes. Le rituel funèbre consistait à traîner ensuite chaque dépouille jusqu’au bord de la table.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant d’être ainsi maltraité, le journal servait de réservoir à fiel. A sa lecture, mon grand-père maugréait de plus en plus, frappait du pied et du poing, crachait, jurait, aspirait nerveusement sur son mégot de Gitane maïs et se versait de nombreux verres de Père Julien.&lt;br /&gt;Et lorsqu’il fut question, un matin, dans la Une, de l’attentat manqué du Petit Clamart, celui qui avait visé la DS du Général de Gaulle, il ne put se réprimer : « Ah ! sacrés ballots ! ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faisait tirer une lourde remorque chargée de légumes et d’outils de jardinage par son petit chien. L’accélérateur était une perche de bois dont il frappait la bête à tout moment. Il m’emmenait parfois à Blois dans une vieille Mathis en si mauvais état que le trajet comportait une grande part d’aventure. Avec de la chance, on pouvait arriver au moment où l’usine Poulain déversait sur la ville l’odeur chaude et vanillée du chocolat. Je n’avais ni le chocolat Poulain, ni les images Poulain (un album complet permettait de recevoir un colis), j’avais l’arôme du chocolat liquide sur la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grand-mère&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grand-mère s’arrangeait toujours pour que ses chèvres paissent dans le pré du voisin quand elle les ramenait le soir. « Le lait est meilleur » disait-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marraine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ma marraine qui m’a appris à éplucher les pêches. Allergique à la peau de pêche, ce savoir lui était, plus qu’à d’autres, nécessaire et elle me l’a imposé. Dans ma vie, j’ai épluché moins de pêches que j’ai de doigts sur une main, et toujours sous les ors de palaces internationaux. A chaque fois, je me suis appliqué, j’étais à la hauteur, j’étais à la hauteur de sa mémoire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma marraine m’a souvent emmené voir passer les trains depuis une passerelle métallique proche de chez elle. De haut, ils devenaient, pour elle aussi, des jouets, circulant automatiquement sur des rails miniatures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Alma&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Alma n’est pas pour moi un pont muni d’un zouave, mais un damier où se joue un combat sans merci. De huit ans à onze ans, j’ai joué chaque jeudi contre Milo, le mari de ma marraine, de soixante-dix ans mon aîné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De jeudi en jeudi, j’ai gagné de plus en plus souvent, j’ai terminé avec une armée de pions de plus en plus nombreuse, rogné les ailes de l’adversaire en quelques coups, laminé ses premières lignes, décimé ses troupes par de savantes échelles. D’année en année, je suis devenu l’invincible, l’imprenable, l’irrésistible roi de l’Alma.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour, ma marraine me dit que ce serait mieux de ne pas insister pour réveiller Milo s’il ne voulait pas faire de partie. Mais je voulais absolument savoir pourquoi. « Il est fatigué. S’il perd, il se sent vieux ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quinze jours plus tard, apprenant sa mort, mon armée s’est pétrifiée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prénom&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai jamais beaucoup aimé mon prénom, mais j’ai toujours aimé la singularité qu’il y a à n’avoir, pour l’Etat-civil, qu’un seul prénom, ce qui compense sans doute sa banalité. Il est vrai qu’il est composé : Jean-Claude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a là-dedans de la sainteté et de la claudication, de l’international (John, Johann, Juan, Ian, Iannis) et du légendaire (Santa-Claus), du sanguinaire (décollation de Saint-Jean-Baptiste) et du léger (Claude François et ses Claudettes).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement, à cet attelage qui tient de la carpe et du lapin, on n’a pas accolé le patronyme Dupont et j’assure assez vite une distinction, facile certes, mais une particularité enviée tout de même, grâce aux consonances nordiques du nom du père : jØrgensen&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela sonne creux mais fait si bonne impression sur une carte de visite, une plaque de laiton ou un annuaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ponts et chaussées&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu’on appelle aujourd’hui la DDE n’a jamais pu remplacer les Ponts et Chaussées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que pèse l’expression « Direction Départementale de l’Equipement » à côté des milliers de ponts et de chaussées qui relient les hommes, de leur entretien, de leur multiplication ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est dans l’enfance que nous héritons de l’art des déplacements. Trains et voitures miniatures Dinky Toys (et pas Norev) s’y croisent sur la carte Michelin du linoleum de la chambre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mécano&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’un des camarades de travail de mon père démonta complètement une 4cv jusqu’aux plus petits écrous, mit dix ans pour la remonter, puis mourut avant de l’avoir conduite. Il s’appelait Robert Poulain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour, dans son cabanon imprégné d’une tenace odeur d’essence, mon père, en remontant un moteur, perdit une coupelle de culbuteur. Il passa des heures à la chercher. Il en sculpta une à la main, minuscule demi-cône tronqué et évidé, dans un petit cube d’acier massif. Il le tailla patiemment, à la scie et à la lime, sans craindre de recevoir un éclis de métal. Des heures après, il fit ronfler le moteur, son visage s’éclaira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, le voisin, qui s’était trouvé là lors de la perte de la coupelle de culbuteur, rapporta celle-ci retrouvée dans un rabat de son pantalon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Milo n’acceptait de prendre le volant que si la conduite était à droite, aussi devait-il commander chaque nouvelle voiture (une 4cv) longtemps à l’avance. Puis il allait la chercher avec mon père à Paris où ils menaient grande vie pendant deux jours. Mes grands-pères et mon père réparaient. Milo achetait du neuf, du tout fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me souviens qu’âgé d’une trentaine d’années, mon père avait du goût pour le travail soigné et savait être habile de ses mains : je l’ai vu calligraphier des pages avec une application qui suspendait le temps ; peindre une aquarelle, tirer un mince filet rouge sans bavure sur toute la longueur d’une Fiat 6 cv d’un noir d’ébène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, quelques années auparavant, il avait perdu un œil au travail : un éclis de métal en avait déchiré la rétine. Autour de lui, on l’a le plus souvent oublié, et lui-même, à force d’habitude, a cessé de rappeler son handicap.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces dix dernières années, je lui ai offert, au rythme d’une par an environ, une voiture miniature. Il a aujourd’hui la collection complète et la couve des yeux. Sa première, une 5cv Citroën trèfle jaune et noire qui alla jusqu’à Biarritz pour le voyage de noces en 46, la 6cv Fiat noire, la Simca 5 bleu libellule, la 203, toutes les 2cv, et jusqu’à la Ford actuelle qu’il ne peut plus conduire.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110106108165471378?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110106108165471378/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110106108165471378' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110106108165471378'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110106108165471378'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/11/clats-et-clipses.html' title='éclats et éclipses'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110105930332943154</id><published>2004-11-21T09:46:00.000-08:00</published><updated>2005-01-03T16:21:16.133-08:00</updated><title type='text'>sale coup</title><content type='html'>PREMIER CRI&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On voudrait ne pas être là et on y est. On n’avait pas demandé à y être mais on devait y être un jour.&lt;br /&gt;Entre les deux abîmes de l’infini et du néant, entre deux big-bang. Dans une déchirure à se repasser, une onde qu’on lègue, une histoire de particules élémentaires, de cri primal et de silence éternel.&lt;br /&gt;Ce sont d’abord de gros avions à hélice, lents, bruyants, en rase-mottes. Je ne les voyais pas encore. Quelques années plus tard, je les ai observés dans le ciel. Constellation superstar, Double queue, Lookheed et hélicoptère Sikorsky. Ce furent ensuite des camions que je vis ensuite gigantesques, crissants et sales, avec petite cabine très en arrière, Berliet, GMC, Saurer. Ce sont aussi de grosses voitures, Vedette, Standards, Arondes, Tractions, 202, et des cars Chausson. Ce sont enfin les tanks, ceux qui manœuvraient encore sur les pavés de la vieille ville de Tours. Des chars, dont les chenilles faisaient trembler les vitres. J’ai dû crier très fort pour couvrir ce tintamarre, j’ai percé les tympans de la sage-femme.&lt;br /&gt;J’ai voulu alerter le monde de mon innocence.&lt;br /&gt;Depuis plusieurs semaines déjà j’entendais rugir toute cette ferraille.&lt;br /&gt;Lorsque aujourd’hui je lis la presse de l’époque, je suis frappé par une double recherche : celle de la vitesse, celle des secrets de la matière. De nombreux accidents d’avion remplissent les pages. Prenons au hasard, le 28 septembre 1949 : un avion mexicain heurte un volcan : 28 morts, deux bombardiers anglais se heurtent en vol : 12 morts, un B29 tombe à Oklahoma. Mais aussi : la liaison d’Air-France Paris-Nouméa réalisée.&lt;br /&gt;Le lendemain, le 29, l’avion de Marcel Cerdan s’écrase aux Açores. Le 30, un avion américain se montre plus rapide que le son de plusieurs centaines de kilomètres à l’heure. Et c’est comme ça tous les jours. Et dans le même temps, les recherches sur l’énergie nucléaire se poursuivent. Quatre ans après Hiroshima.&lt;br /&gt;En novembre, Le Monde fait sa Une sur ce titre : « Du métal changé en or grâce à l’énergie atomique ». Le jeudi 24, il lance la nouvelle : « Le premier milligramme de plutonium français isolé grâce au bombardement par neutrons ralentis de l’uranium 238 »&lt;br /&gt;Ce sont des cris qui se répercutent, des cris qu’on n’oublie pas devant toutes ces fleurs de métal, ces voleurs de feu, ces chutes d’Icare.&lt;br /&gt;Parfois, je parviens à les oublier tous ces cris.&lt;br /&gt;Je me mets face au soleil, ce bombardier, et je pense aux amoureux fervents et aux savants austères, à la censure qui a frappé six poèmes des Fleurs du Mal jusqu’au 31 mai 1949. Embryon de trois mois, j’ai dû crier en entendant le Président de la Cour de Cassation casser le jugement inique rendu le 27 août 1857 contre celui qui a écrit : « J’ai pétri de la boue et j’en ai fait de l’or ».&lt;br /&gt;J’ai crié quand on a dérobé la faux de la mort. Ouest-France du 13 octobre 1949 : "Prague. Un voleur a dérobé la faux de la mort qui orne une pendule ancienne du musée national de Prague. La direction de ce musée dans un communiqué prie instamment le voleur de vouloir bien rendre cet objet sans intérêt pour lui mais dont la mort ne peut se passer". Après les voleurs de feu, les voleurs de faux.&lt;br /&gt;J’ai patienté encore un mois et demi. Puis le 29 novembre j’ai crié. J’ai crié parce qu’entre homme et femme ça criait déjà, parce que ça criait déjà partout.&lt;br /&gt;A présent j’écris pour joindre mon cri aux autres, répétés par mille sentinelles.&lt;br /&gt;J’écris pour qu’on entende tous les cris, pour dire la brûlure du feu, du métal, du soleil, la froissure du papier, les coups de griffes et les coups de faux.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110105930332943154?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110105930332943154/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110105930332943154' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110105930332943154'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110105930332943154'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/11/sale-coup.html' title='sale coup'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9264164.post-110105803544161198</id><published>2004-11-21T09:21:00.000-08:00</published><updated>2004-11-21T09:27:15.443-08:00</updated><title type='text'>pas de chance</title><content type='html'>Une mouche s’étant introduite dans le canon de son fusil, Fernand Grenadier jeta un coup d’œil à l’intérieur, tira, tua la mouche et mourut à son tour.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9264164-110105803544161198?l=emoidesmots.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://emoidesmots.blogspot.com/feeds/110105803544161198/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9264164&amp;postID=110105803544161198' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110105803544161198'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9264164/posts/default/110105803544161198'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://emoidesmots.blogspot.com/2004/11/pas-de-chance.html' title='pas de chance'/><author><name>Jorgensen</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264302494739846116</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
